88.18 F
Kinshasa
3 février, 2026 - 23:31:59
Image default
Flash InfosLa uneProvincesSécuritéSociété

Nord-Kivu : plus de 80 civils tués depuis janvier, la société civile alerte sur une crise sécuritaire 

Le bilan s’alourdit semaine après semaine. Dans le Nord-Kivu, les violences armées persistent et frappent désormais au cœur des villages, des marchés et des infrastructures de santé. Plus de quatre-vingts civils auraient été tués depuis le début de l’année, selon la société civile locale, qui dénonce une dégradation continue de la sécurité et une urgence humanitaire grandissante. Incendies de maisons, enlèvements, destructions de biens publics : les exactions se multiplient, notamment dans les territoires de Lubero et Beni. Réunie à Beni, la coordination provinciale des Forces vives appelle à un sursaut militaire, diplomatique et humanitaire, estimant que l’inaction prolongée expose davantage les populations. Un cri d’alarme adressé autant à Kinshasa qu’aux partenaires internationaux.

La situation sécuritaire continue de se détériorer dans le Nord-Kivu. Réunie mardi à Beni, la coordination provinciale de la Société civile Forces vives a tiré la sonnette d’alarme face à la multiplication des attaques armées et à l’aggravation des besoins humanitaires.

Selon l’organisation, les violences se concentrent notamment dans les territoires de Lubero et de Beni, où les civils paient le plus lourd tribut.

Plus de 80 morts et d’importants dégâts

Les chiffres avancés sont préoccupants : plus de 70 civils tués à Lubero depuis janvier 2026, et au moins 10 autres à Beni. À ces pertes humaines s’ajoutent d’importants dégâts matériels.

Un poste de santé, des dizaines de maisons et de boutiques ont été incendiés. Des véhicules et des motos ont également été détruits, privant de nombreuses familles de leurs moyens de subsistance.

Le président provincial de la coordination, John Banyene, dénonce « enlèvements, assassinats ciblés, incendies d’habitations et destructions de biens civils ».

Les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) sont particulièrement mis en cause pour des attaques meurtrières contre les populations locales.

Un appel à l’action nationale et internationale

Face à cette escalade, la société civile plaide pour un renforcement des réponses sécuritaires. Elle recommande au gouvernement congolais d’améliorer les capacités opérationnelles des Forces armées de la République démocratique du Congo, de mieux encadrer les volontaires Wazalendo et d’évaluer l’efficacité des opérations conjointes.

Sur le plan diplomatique, elle interpelle le Conseil de sécurité des Nations unies, l’Union africaine et les États-Unis, appelés à intensifier leurs efforts pour favoriser une paix durable.

Une urgence humanitaire persistante

Au-delà de la sécurité, l’organisation insiste sur la situation des déplacés et des familles sinistrées. Elle demande une mobilisation accrue de l’aide humanitaire et un soutien plus structuré aux communautés affectées.

Parmi ses recommandations figurent également l’accélération de la démarcation participative du Parc national des Virunga et la mise en place d’un cadre permanent de concertation entre autorités et acteurs civils.

La déclaration s’achève par un appel à la vigilance et à la solidarité : collaborer avec les forces de sécurité et soutenir les victimes des conflits.

Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus