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17 avril, 2026 - 03:06:56
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Washington : Louis Watum Kabamba met en avant 70 % du cobalt et 25 000 Md USD d’actifs stratégiques

Cœur battant de la transition énergétique mondiale, la République démocratique du Congo entend peser davantage sur les règles du jeu. À Washington DC, son ministre des Mines a défendu une ligne claire : sécuriser les chaînes d’approvisionnement tout en transformant localement les minerais. Fort de 70 % de la production mondiale de cobalt et d’un sous-sol encore largement inexploité, évalué à 25 000 milliards de dollars, Kinshasa veut attirer capitaux et technologies sans renoncer à l’industrialisation. Devant plus de cinquante délégations réunies par les États-Unis, le gouvernement congolais a plaidé pour des partenariats responsables, présentés comme un levier de stabilité économique et de paix durable.

La bataille des minerais critiques se joue désormais à l’échelle diplomatique.

À Washington, lors de la première réunion ministérielle consacrée aux chaînes d’approvisionnement stratégiques, la République démocratique du Congo a cherché à affirmer son rôle pivot sur le marché mondial des métaux indispensables à la transition énergétique.

Représentant Kinshasa, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a pris la parole devant plus d’une cinquantaine de délégations internationales, à l’invitation du Gouvernement des États-Unis.

Au nom du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, il a salué une initiative destinée à « renforcer la coopération internationale autour des chaînes d’approvisionnement responsables en minéraux critiques ».

Un acteur clé de la transition énergétique

Le ministre a rappelé le poids déterminant du pays dans l’économie mondiale des batteries et des technologies bas carbone.

La RDC assure aujourd’hui près de 70 % de la production mondiale de cobalt et environ 10 % du cuivre, deux minerais essentiels à la fabrication de véhicules électriques, d’équipements électroniques et de réseaux énergétiques.

Les exportations minières congolaises ont dépassé 25 milliards de dollars en 2024, a-t-il souligné, témoignant du rôle structurant du secteur dans les finances publiques.

Surtout, Kinshasa met en avant son potentiel inexploité. Selon les estimations officielles, plus de 90 % des réserves géologiques resteraient encore à explorer, pour une valeur évaluée à 25 000 milliards de dollars.

Sortir du modèle extractif

Au-delà des chiffres, le message se veut stratégique : ne plus se contenter d’exporter des matières brutes.

« La République démocratique du Congo est ouverte aux affaires », a déclaré Louis Watum Kabamba, appelant à des partenariats fondés sur la transformation locale et le transfert de technologies.

Le gouvernement défend une chaîne de valeur intégrée — extraction, transformation, industrialisation — susceptible de créer davantage d’emplois et de capter une part plus importante de la richesse générée.

Parmi les projets mis en avant figure le programme MIFOR, dédié au développement des ressources en minerai de fer de la Grande Orientale, adossé à des infrastructures énergétiques et logistiques, ainsi que des campagnes nationales d’exploration pour élargir l’offre mondiale en minerais critiques.

Diplomatie économique et stabilité régionale

Les autorités congolaises présentent également ces investissements comme un levier de stabilisation, notamment dans l’Est du pays, où l’activité économique est perçue comme un facteur de paix. L’idée : transformer des zones marquées par les conflits en pôles industriels et commerciaux.

À Washington, la RDC cherche ainsi à conjuguer souveraineté économique et attractivité internationale. Reste à convertir ces ambitions en projets concrets, financements sécurisés et retombées locales durables, condition indispensable pour que la richesse du sous-sol se traduise enfin par un développement tangible pour la population.

Infos27

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