Cap sur l’efficacité et la diplomatie commerciale. À Kinshasa, le ministère du Commerce extérieur engage une nouvelle phase de réformes avec l’installation du secrétaire général Eugène Manga Manga et une feuille de route centrée sur la facilitation des échanges, la modernisation des outils d’information et la consolidation de partenariats internationaux. Derrière les annonces techniques, l’enjeu est stratégique : faire du commerce extérieur un moteur direct de croissance et d’emplois pour la RDC. De l’application des accords de l’OMC à la préparation de la prochaine conférence ministérielle à Yaoundé, l’administration est sommée d’accélérer. Le message politique est clair : professionnaliser la machine publique, gagner en crédibilité et mieux positionner le pays dans les chaînes d’échanges mondiales.
La transition est désormais actée au Ministère du Commerce Extérieur. Lundi 9 février, le nouveau secrétaire général, Eugène Manga Manga, a reçu ses orientations stratégiques lors d’une réunion technique présidée par le ministre Julien Paluku Kahongya.
Objectif affiché : renforcer la performance de l’administration et faire du commerce extérieur « le levier de la croissance économique de la République démocratique du Congo », selon les termes du ministre. Cette rencontre marque le lancement opérationnel d’une feuille de route axée sur la continuité, mais avec une exigence accrue de résultats.
Priorité à la facilitation des échanges
Au premier rang des chantiers figure la mise en œuvre effective de l’accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce. L’ambition est de simplifier les procédures douanières, réduire les délais et améliorer la compétitivité des exportateurs congolais.
Le gouvernement entend également consolider le Portail d’informations commerciales (PIC), présenté comme un outil central pour offrir aux opérateurs économiques un accès rapide aux réglementations, tarifs et opportunités de marché.
Cette modernisation administrative doit, selon les autorités, limiter les lourdeurs bureaucratiques et sécuriser davantage les transactions commerciales.
Diplomatie économique et partenariats
La stratégie passe aussi par l’intensification des partenariats extérieurs. Des coopérations sont citées avec le Royaume-Uni, les Émirats arabes unis, la Chine et les États-Unis, notamment autour du renouvellement de l’AGOA.
Plusieurs institutions internationales sont également mobilisées : le Cadre intégré renforcé de l’OMC, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement et le Centre du commerce international, afin d’appuyer techniquement la réforme du secteur.
À cela s’ajoute l’examen de la politique commerciale nationale et la préparation de la prochaine conférence ministérielle de l’OMC, prévue du 26 au 29 mars à Yaoundé, au Cameroun.
Continuité et reconnaissance du travail accompli
Avant cette prise de fonctions, le ministre a également échangé avec le secrétaire général sortant, Jules Muilu Mbo. « Son expertise dans le commerce international devra rester au profit de la République », a souligné Julien Paluku, saluant « le travail de qualité abattu » par son prédécesseur.
Ce passage de relais se veut donc sans rupture brutale, mais orienté vers une montée en puissance des performances.
Au-delà des déclarations, l’enjeu reste concret : accroître les exportations, diversifier les débouchés et mieux intégrer la République démocratique du Congo dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.
Dans un contexte de concurrence accrue et de pression budgétaire, l’efficacité du commerce extérieur est désormais perçue comme un indicateur clé de crédibilité économique. Pour la nouvelle équipe, le défi est simple sur le papier : transformer les orientations techniques en gains mesurables pour les entreprises et pour l’économie nationale.
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