Accusé d’un supposé détournement de près de 720 000 dollars par mois via un mécanisme de « 6 % » lié au stock stratégique pétrolier, le ministère des Hydrocarbures rejette catégoriquement toute malversation et parle de désinformation. Dans une mise au point officielle, les autorités affirment que ces ressources alimentent un fonds légal destiné à financer des infrastructures jugées prioritaires : pipeline Kinshasa–Matadi, dépôts de stockage, terminal pétrolier et outils de traçabilité. Le comité de suivi, composé d’acteurs publics et privés, est présenté comme un organe collégial de gouvernance. Côté syndical, un compromis a été trouvé et le préavis de grève suspendu. En toile de fond, le gouvernement invoque la transparence et la réforme d’un secteur clé pour la souveraineté énergétique.
Le Ministère des Hydrocarbures est monté au créneau pour démentir des allégations faisant état d’un prétendu détournement de fonds au sein du Comité de suivi et de gestion du stock stratégique.
Selon les syndicats, via une déclaration, près de 720 000 dollars seraient « siphonnés chaque mois » à travers un mécanisme de parafiscalité de 6 %, mettant directement en cause la gestion de la ministre d’État Acacia Bandubola Mbongo.
Dans une mise au point parvenue à Infos27 lundi, le cabinet parle de « désinformation manifeste » et d’une « cabale visant à discréditer » la ministre, engagée selon lui dans des réformes structurelles du secteur pétrolier.
Un fonds présenté comme légal et stratégique
Au cœur de la polémique figure le compte intitulé « effort de reconstruction et stock stratégique ». Le ministère assure qu’il s’agit d’un instrument financier légal destiné à soutenir des investissements d’intérêt national.
Parmi les projets cités : la construction du pipeline Kinshasa–Matadi (près de 330 km), estimée à environ 300 millions de dollars ; la mise en place d’unités de stockage stratégique dans plusieurs grandes villes (environ 15 millions par unité) ; la construction du terminal pétrolier de Sakania, évaluée à près de 196 millions de dollars pour lutter contre la fraude ; la création d’une base de données nationale du secteur.
Selon le cabinet, ces infrastructures visent à « renforcer la souveraineté énergétique, la sécurité d’approvisionnement et la transparence du secteur ».
Un comité élargi et encadré
Contrairement aux accusations, les autorités affirment que le comité de suivi fonctionne comme un organe collégial de gouvernance. Il regrouperait 84 membres, incluant des représentants de la Présidence, de la Primature, des ministères techniques, des administrations publiques, de la profession pétrolière et des experts indépendants.
Ce comité assure des missions techniques tant en République démocratique du Congo qu’à l’étranger, dans un cadre réglementé, précise le ministère.
La polémique intervient alors que des revendications sociales avaient été portées par les agents du secteur. Du 3 au 5 février, une commission tripartite a réuni le cabinet, le secrétariat général et le banc syndical.
À l’issue des discussions, un compromis a été trouvé et le préavis de grève suspendu.
« Cet article qui circule n’engage en aucun cas le Banc syndical. Ce qui nous engage, c’est le procès-verbal signé avec le Cabinet de la ministre d’État et le Secrétariat général. (…) 90 % des revendications contenues dans notre mémorandum ont trouvé satisfaction. Ceux qui véhiculent ces fausses informations sont des imposteurs », a déclaré Olivier Mesa Kayolo, président du banc syndical.
Audit et transparence invoqués
Par ailleurs, le ministère indique avoir lancé un audit international auprès de Perenco REP, confié à des cabinets spécialisés « de réputation mondiale ». Les honoraires seraient pris en charge via les mécanismes validés par le comité de suivi.
Le ministère insiste sur son attachement à la « redevabilité, la transparence et la gestion rigoureuse des fonds publics », appelant l’opinion à la prudence face aux informations non vérifiées.
Au-delà de la controverse, l’affaire souligne la sensibilité politique et financière du secteur des hydrocarbures, l’un des piliers budgétaires du pays. Entre besoins d’investissements massifs et exigence de contrôle public, la gouvernance du stock stratégique reste un sujet scruté.
Pour le gouvernement, l’enjeu est désormais double : poursuivre les réformes tout en rétablissant la confiance.




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