Le malaise sécuritaire gagne les amphithéâtres. À l’Université de Kinshasa, l’agression brutale d’un professeur relance un débat sensible sur la protection des enseignants. Fractures, traumatisme crânien, hospitalisation d’urgence : l’attaque dont a été victime Denis Bungu a choqué la communauté académique. Face à une série d’actes violents visant le personnel universitaire, l’Association des professeurs estime que les dispositifs actuels ne suffisent plus et demande des mesures exceptionnelles, allant jusqu’à l’autorisation du port d’armes individuelles à titre dissuasif. Une proposition qui illustre la gravité du climat d’insécurité sur et autour du campus.
La question de la sécurité refait surface au sein de l’Université de Kinshasa (UNIKIN). Dimanche, le professeur Denis Bungu, enseignant à la faculté d’agronomie, a été violemment attaqué par des hommes armés alors qu’il s’apprêtait à embarquer dans un bus à destination de Kikwit, où il devait participer à une activité académique.
Selon ses collègues, l’agression lui a causé de graves blessures : fractures aux deux bras et traumatisme crânien. Transporté en urgence dans une structure médicale de Kinshasa, il a subi une intervention chirurgicale lourde.
L’Association des professeurs tire la sonnette d’alarme
Pour l’Association des professeurs, l’attaque illustre une dégradation persistante du climat sécuritaire visant le corps académique.
Son président, David Lubo, confirme la gravité de l’état de santé de son collègue et appelle à des mesures urgentes.
Face à ce qu’elle qualifie de « menace croissante », l’organisation estime que les mécanismes de protection actuels sont insuffisants. Parmi les solutions avancées figure l’autorisation du port d’armes individuelles pour les enseignants, présentée comme un moyen de dissuasion et d’autodéfense.
Une proposition qui suscite déjà des débats, tant elle touche à la question sensible de la militarisation des espaces universitaires.
Un climat marqué par des violences répétées
Cette revendication intervient dans un contexte tendu. Récemment, le professeur Mathieu Abata, de la faculté des lettres, a été tué à son domicile par des hommes armés, un drame qui a profondément marqué la communauté universitaire.
Ces incidents successifs renforcent le sentiment d’insécurité sur le campus du Mont-Amba et dans ses environs, où étudiants et enseignants dénoncent des actes de banditisme récurrents.
Si l’appel au port d’armes traduit le désarroi d’une partie du corps professoral, la mesure pose aussi des questions juridiques et pratiques. Plusieurs observateurs estiment qu’un renforcement de la présence policière, de l’éclairage public et des patrouilles sur le campus pourrait constituer des réponses plus adaptées.
Pour l’heure, l’Association réclame avant tout une réaction rapide des autorités afin de sécuriser les enseignants et de préserver la vocation académique de l’université.
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