Kinshasa avance ses pions sur l’échiquier diplomatique francophone. À l’issue du dernier Conseil des ministres, le gouvernement congolais a officialisé sa décision de présenter un candidat au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie. Une annonce qui place la RDC dans la compétition pour la direction politique d’un espace réunissant plus de 80 États et gouvernements. Derrière cette candidature se lit une ambition assumée : convertir le poids démographique et culturel du pays en influence institutionnelle. Alors que le mandat actuel arrive à échéance et que les candidatures doivent être déposées d’ici juin, Kinshasa cherche à s’imposer comme un acteur central de la gouvernance francophone, dans un contexte régional et diplomatique particulièrement sensible.
La décision est désormais actée. Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé qu’il présentera un candidat au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dont le renouvellement de la direction est prévu cette année.
L’annonce a été faite par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katambwe, ministre de la Communication et des Médias, à l’issue du Conseil des ministres du vendredi 30 janvier. Elle repose sur une communication du ministre délégué en charge de la Francophonie et de la Diaspora, présentée lors de la réunion présidée par le chef de l’État, Félix Tshisekedi, à la Cité de l’Union africaine.
Selon le compte rendu officiel, la RDC « présentera un candidat au poste de secrétaire général de l’OIF », marquant une volonté claire de peser davantage dans les orientations de l’organisation.
Transformer le poids francophone en influence politique
Avec plus de cent millions d’habitants et l’une des plus importantes populations francophones au monde, la RDC dispose d’un argument démographique de taille. Les autorités entendent désormais convertir cet atout en levier diplomatique.
En se positionnant pour ce poste stratégique, Kinshasa cherche à renforcer son leadership au sein de l’espace francophone, tant sur les plans politique que culturel et institutionnel. L’objectif affiché : ne plus seulement participer, mais influencer les décisions majeures de l’organisation.
Cette candidature s’inscrit dans une stratégie plus large de visibilité internationale, dans laquelle la Francophonie apparaît comme une tribune privilégiée.
Une échéance électorale en vue
Le calendrier est déjà fixé. Les candidatures devront être déposées d’ici juin 2026, en prélude à l’élection qui se tiendra lors du Sommet de la Francophonie prévu en novembre prochain à Phnom Penh, au Cambodge.
Le poste est actuellement occupé par Louise Mushikiwabo, dont la candidature à un nouveau mandat est déjà connue.
À ce stade, le gouvernement congolais n’a pas encore dévoilé l’identité de son représentant. Des annonces sont attendues dans les prochains mois.
Un contexte diplomatique sensible
Cette initiative intervient dans un environnement régional marqué par des tensions persistantes, notamment entre Kinshasa et Kigali. Pour plusieurs observateurs, la compétition pour la direction de l’OIF pourrait également prendre une dimension géopolitique, chaque candidature traduisant des équilibres d’influence au sein de l’espace francophone.
Dans ce contexte, la démarche congolaise dépasse la seule ambition symbolique : elle constitue un signal diplomatique affirmant la volonté du pays de compter davantage sur la scène internationale.
En attendant la désignation officielle de son candidat, le message de Kinshasa est clair : faire entendre la voix de la RDC et jouer un rôle de premier plan dans les orientations futures de la Francophonie.
Reste désormais à savoir si cette entrée en lice se traduira par un soutien suffisant des États membres pour porter un Congolais à la tête de l’organisation. Pour le gouvernement, l’enjeu est autant politique que stratégique : inscrire durablement le pays parmi les décideurs du monde francophone.
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