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9 mars, 2026 - 05:39:42
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Aviation africaine : la BAD lance une plateforme continentale pour financer la croissance du secteur

Alors que l’Afrique s’apprête à devenir l’un des marchés aériens à la croissance la plus rapide au monde, la question du financement demeure un frein majeur au développement du secteur. Réunis à Nairobi les 25 et 26 février 2026 à l’occasion du Forum sur les compagnies aériennes, le capital et la connectivité, organisé par la Banque africaine de développement (BAD) et l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), décideurs politiques, dirigeants d’entreprises et investisseurs ont exploré de nouvelles solutions pour moderniser l’écosystème aérien du continent. Au cœur des discussions : le Programme intégré de transformation de l’aviation (IATP), une plateforme destinée à mobiliser des capitaux publics et privés pour soutenir les infrastructures, renforcer la viabilité des compagnies aériennes et améliorer la connectivité régionale. Dans un contexte où l’Afrique représente près de 18 % de la population mondiale mais moins de 3 % du trafic aérien global, cette initiative vise à combler un déficit structurel et à positionner l’aviation comme un levier de croissance économique et d’intégration régionale.

La Banque africaine de développement (BAD) a présenté une nouvelle initiative destinée à accélérer la transformation du transport aérien sur le continent. Les 25 et 26 février 2026, à Nairobi, au Kenya, l’institution panafricaine a réuni responsables politiques, dirigeants de compagnies aériennes, investisseurs et partenaires du développement lors du Forum sur les compagnies aériennes, le capital et la connectivité, organisé en partenariat avec l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA).

Au centre des discussions figurait le Programme intégré de transformation de l’aviation (IATP), une plateforme continentale conçue pour mobiliser des financements à grande échelle afin de moderniser les infrastructures, renforcer les compagnies aériennes et améliorer la connectivité intracontinentale.

Malgré un potentiel de croissance important, le secteur reste confronté à plusieurs contraintes structurelles : coût élevé du capital, fragmentation des cadres réglementaires, infrastructures insuffisantes et accès limité aux financements à long terme.

Le directeur des infrastructures et du développement urbain du Groupe de la BAD, Mike Salawou, a souligné ce paradoxe lors de l’ouverture du forum.

« Les perspectives de la demande dans l’aviation africaine comptent parmi les plus fortes au monde, mais la capacité d’offre et la préparation à l’investissement restent en retard », a-t-il déclaré, expliquant que l’IATP vise notamment à réduire les risques liés aux investissements et à restaurer la confiance des investisseurs.

Pour les acteurs du secteur, l’aviation africaine constitue l’une des plus grandes opportunités économiques des prochaines décennies. Le secrétaire général de l’AFRAA, Abderahmane Berthé, a rappelé l’ampleur du déséquilibre actuel.

« L’Afrique représente près de 18 % de la population mondiale, mais moins de 3 % du trafic aérien mondial, ce qui reflète davantage des obstacles structurels et réglementaires qu’un manque de demande », a-t-il indiqué.

Selon les projections évoquées lors du forum, près d’un quart des nouveaux passagers aériens mondiaux au cours des vingt prochaines années pourrait provenir d’Afrique, sous l’effet de l’urbanisation rapide, de l’essor de la classe moyenne et d’une population particulièrement jeune.

Malgré ces perspectives favorables, la rentabilité du secteur demeure fragile. D’après l’Association internationale du transport aérien (IATA), les compagnies africaines devraient enregistrer des marges nettes comprises entre 1 et 2 %, bien en dessous de la moyenne mondiale estimée à 3,9 % en 2026. Les coûts élevés du carburant, la fiscalité, la libéralisation incomplète du marché et le manque d’infrastructures dans certains hubs continuent de peser sur les performances du secteur.

La connectivité reste également un défi majeur. Le trafic intra-africain ne représente qu’environ un quart du transport aérien total, obligeant souvent les passagers à transiter par des hubs situés hors du continent pour relier deux villes africaines.

Dans une intervention prononcée au nom de la Commission de l’Union africaine, Eric Ntagengerwa a rappelé que la réforme du secteur constituait un enjeu stratégique pour l’intégration régionale. Il a notamment indiqué que le Marché unique du transport aérien africain sera le thème de l’Union africaine pour l’année 2027, soulignant son importance pour renforcer la connectivité du continent.

Au terme des discussions, les participants ont insisté sur la nécessité d’aligner politiques publiques, financements et infrastructures afin de transformer la croissance attendue du transport aérien en un moteur durable de commerce, de tourisme et de développement économique sur l’ensemble du continent.

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