Face aux inquiétudes croissantes suscitées par des rumeurs d’enlèvements et des attaques nocturnes dans certains quartiers de Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a exigé une réponse sécuritaire immédiate. Lors du Conseil des ministres du 13 mars 2026, le chef de l’État a ordonné la mobilisation des forces de sécurité et de renseignement afin de traquer les réseaux criminels et renforcer la présence policière dans la capitale. Dans le même temps, le vice-premier ministre de l’Intérieur a relativisé l’ampleur du phénomène, affirmant que plusieurs cas signalés relèveraient davantage de rumeurs que de faits avérés. Le gouvernement promet néanmoins des mesures fermes pour restaurer la confiance de la population.
La question de l’insécurité urbaine s’est imposée au cœur des échanges lors de la 82ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 13 mars 2026 à Kinshasa sous la présidence du chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Dans sa communication, le président de la République a évoqué les préoccupations exprimées par la population face à une résurgence signalée d’enlèvements dans la capitale congolaise, ainsi que des attaques nocturnes menées par des bandits armés dans certaines résidences.
Selon le compte rendu présenté par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, ces actes criminels suscitent une vive inquiétude parmi les habitants de la capitale. Au-delà de la détresse infligée aux familles directement touchées, ces agissements contribuent à installer un climat de psychose et fragilisent le sentiment de sécurité collective.
Les autorités estiment également que ces faits perturbent les activités économiques et sociales, tout en portant atteinte à l’autorité de l’État et à la confiance des citoyens envers les institutions chargées de garantir leur protection.
Face à cette situation, le chef de l’État a ordonné une mobilisation accrue des services de sécurité. « Le président de la République a instruit le vice-premier ministre chargé de l’Intérieur ainsi que celui de la Défense de mobiliser l’ensemble des services de sécurité et des renseignements civils et militaires afin d’intensifier les opérations de traque et de démantèlement des réseaux criminels impliqués dans ces enlèvements et attaques armées », a rapporté Patrick Muyaya.
Parmi les mesures annoncées figurent notamment le renforcement des patrouilles de sécurité, de jour comme de nuit, l’intensification de la présence dissuasive des forces de l’ordre dans l’ensemble de la ville et le déploiement d’unités de police dans les quartiers enclavés ou particulièrement exposés à ces actes criminels.
Le président de la République a également demandé la mise en place de numéros verts accessibles en permanence afin de permettre aux citoyens de signaler rapidement toute situation suspecte. L’objectif est de renforcer la collaboration entre la population et les services de sécurité dans la prévention et la lutte contre la criminalité.
Sur le plan judiciaire, le ministre d’État en charge de la Justice a été chargé, en coordination avec le ministre de la Communication, de prendre des dispositions avec le Conseil supérieur de la magistrature afin que les dossiers liés à ces crimes soient traités avec la plus grande célérité. Le gouvernement envisage notamment l’organisation d’audiences publiques, voire foraines, fortement médiatisées, afin de garantir des sanctions exemplaires et dissuasives.
Concernant ces enlèvements signalés à Kinshasa, le vice-premier ministre en charge de l’Intérieur a apporté des précisions issues des investigations menées par la police. Il a indiqué que le commissariat provincial de la police de Kinshasa, à travers le groupe de lutte contre la criminalité et les stupéfiants, avait examiné dix-huit cas portés à sa connaissance entre le 23 janvier et le début du mois de mars.
Selon les conclusions de cette enquête, plusieurs signalements ne correspondent pas à des cas avérés de kidnapping. « Il ressort globalement que ces cas relèvent plus de rumeurs que de la réalité », a indiqué le vice-Premier ministre de l’Intérieur devant les membres du gouvernement.
Tout en relativisant l’ampleur du phénomène, les autorités ont néanmoins réaffirmé leur détermination à renforcer la sécurité et à prévenir toute dérive criminelle. Le gouvernement a ainsi appelé la population à la vigilance et à une collaboration étroite avec les forces de sécurité afin de préserver la tranquillité publique dans la capitale.
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