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Kinshasa
3 juin, 2026 - 08:24:20
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[Artisan discret d’une ambition nationale] Infrastructures : Firmin Kiala Ki-N’soki décrypte les enjeux après la conférence nationale

Dans les coulisses de la Conférence nationale sur les infrastructures, un acteur discret a joué un rôle déterminant. Directeur de cabinet du ministre des Infrastructures, Firmin Kiala Ki-N’soki s’impose comme l’un des architectes de cette rencontre stratégique. Entre coordination technique, mobilisation des expertises et projection vers l’avenir, il incarne une approche méthodique et structurée du développement. Au-delà du succès organisationnel, ses propos mettent en lumière les conditions essentielles pour transformer les ambitions en réalisations concrètes et durables.

Alors que l’attention médiatique s’est concentrée sur les discours officiels et les engagements politiques, la Conférence nationale sur les infrastructures et travaux publics (ITP), tenue à Kinshasa jusqu’au 10 avril 2026, doit aussi son aboutissement à un travail de fond mené en coulisses. Au cœur de cette mécanique, Firmin Kiala Ki-N’soki, directeur de cabinet du ministre John Banza Lunda, a assuré la coordination technique d’une rencontre présentée comme structurante pour l’avenir du pays.

Ingénieur civil formé à l’Institut du bâtiment et des travaux publics, titulaire d’un DEA en transport et urbanisme, et enseignant à l’École supérieure d’architecture et d’urbanisme, il incarne une approche à la fois académique et opérationnelle. Son objectif affiché : contribuer à sortir la RDC de son enclavement en structurant durablement le secteur des infrastructures.

Dès la phase préparatoire, une méthode a été privilégiée. « Au départ, nous avons ciblé une approche participative », explique-t-il. L’administration centrale, les experts, les directeurs provinciaux ainsi que les acteurs techniques ont été associés à l’élaboration des travaux. En parallèle, une stratégie de communication élargie a permis de diffuser les enjeux de la conférence à l’échelle nationale.

Cette dynamique a favorisé une mobilisation significative. Près de 500 participants, issus des 26 provinces, de la diaspora et des partenaires internationaux, ont pris part aux échanges. « C’est vraiment cette approche d’implication des acteurs et de communication qui a fait qu’aujourd’hui nous avons un engouement », souligne-t-il, avant d’ajouter : « Nous croyons effectivement que demain les choses seront différentes. »

Au-delà de l’adhésion suscitée, les défis restent considérables. Firmin Kiala Ki-N’soki insiste sur la nécessité d’un cadre rigoureux pour garantir l’efficacité des projets. Il met en avant la règle du « triangle d’or » : qualité, coûts et délais, qu’il considère comme un principe incontournable. « Si vous voulez avoir la qualité, il faut y mettre les coûts correspondants et respecter les délais. Les trois éléments doivent aller de pair », affirme-t-il.

Dans cette perspective, la mise en place d’une Commission nationale des normes constitue l’une des principales retombées de la conférence. Cette structure aura pour mission de définir des standards techniques destinés à encadrer la réalisation des infrastructures, dans un contexte où les insuffisances en matière de qualité et de gestion des projets demeurent récurrentes.

La question de la jeunesse occupe également une place centrale dans son analyse. « La jeunesse doit croire, parce que nous avons beaucoup de potentialités », insiste-t-il, appelant à renforcer l’employabilité des jeunes pour répondre aux besoins futurs du secteur. Mais au-delà de l’emploi, il évoque une responsabilité citoyenne. « Une infrastructure bâtie, c’est pour la communauté », rappelle-t-il, invitant les jeunes à devenir les premiers défenseurs du bien public.

La conférence s’est conclue par l’adoption d’une feuille de route couvrant la période 2026-2050, ainsi que par la Déclaration de Kinshasa, qui engage l’État, les provinces et les partenaires à faire des infrastructures un levier de souveraineté économique. Pour Firmin Kiala Ki-N’soki, l’enjeu est désormais clair : traduire ces orientations en actions concrètes.

Fort de son expérience, notamment au sein d’organisations internationales, il mesure l’ampleur du défi. « Nous avons fait en sorte que toutes les intelligences soient réunies », rappelle-t-il. Reste à transformer cette convergence en réalisations durables. Car au-delà des engagements, c’est bien sur le terrain que se jouera la crédibilité de cette ambition nationale.

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