Deux textes majeurs s’invitent au cœur du débat parlementaire à Kinshasa. L’Assemblée nationale a déclaré recevables les projets de loi portant ratification de l’accord de coopération entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, ainsi que de l’accord de paix avec le Rwanda. Défendus par la ministre d’État Thérèse Kayikwamba Wagner, ces textes entrent désormais en phase d’examen approfondi. Entre impératifs sécuritaires, ambitions économiques et stabilisation régionale, ils traduisent une orientation stratégique assumée de la diplomatie congolaise.
L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a validé, lundi 13 avril 2026, la recevabilité de deux projets de loi relatifs à des accords jugés structurants pour l’avenir du pays. Il s’agit du partenariat de coopération avec les États-Unis et de l’accord de paix conclu avec le Rwanda. Ces textes ont été transmis à une commission mixte chargée de les examiner en profondeur avant leur adoption en plénière.
Présentés par la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, ces accords s’inscrivent dans une dynamique de renforcement de la coopération internationale et de consolidation de la paix dans la région des Grands Lacs.
L’accord conclu avec les États-Unis repose sur plusieurs axes stratégiques. Il prévoit notamment le renforcement de la coopération sécuritaire et du partage de renseignements, dans un contexte marqué par des défis persistants dans l’Est du pays. Le texte intègre également un appui aux réformes institutionnelles et à la gouvernance, ainsi qu’un volet économique visant à promouvoir les investissements américains dans des secteurs clés tels que les mines, les infrastructures et l’énergie.
À ces dimensions s’ajoute un volet humanitaire, axé sur la gestion des flux migratoires et le soutien aux populations vulnérables. Pour le gouvernement, cet accord constitue un levier destiné à mobiliser des ressources, renforcer les capacités nationales et soutenir le développement économique.
En parallèle, l’accord de paix avec le Rwanda met l’accent sur la désescalade des tensions entre les deux pays. Il consacre le respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale, prévoit la cessation des hostilités ainsi que le retrait des groupes armés. Le dispositif inclut également un renforcement des mécanismes de sécurité aux frontières et la mise en place d’un cadre de dialogue permanent, destiné à prévenir de nouvelles crises.
Dans son intervention devant les députés, Thérèse Kayikwamba Wagner a insisté sur la portée juridique de la ratification de cet accord. « S’agissant du projet de loi autorisant la ratification de l’accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, il répond d’abord à une exigence constitutionnelle (…). Mais, au-delà de cette exigence formelle, ce texte présente un intérêt concret : il permet de transformer un engagement diplomatique en cadre juridique opposable », a-t-elle déclaré.
Elle a précisé que « les principes de cessation des hostilités, de respect de l’intégrité territoriale et les mécanismes de sécurité prévus ne restent pas déclaratoires, mais s’inscrivent dans un dispositif structuré, suivi et vérifiable ». Avant de souligner : « l’enjeu n’est pas uniquement de conclure un accord, mais de créer les conditions de sa mise en œuvre ».
Au cours des échanges, les députés ont examiné les grandes lignes de ces textes avant de se prononcer en faveur de leur recevabilité, ouvrant ainsi la voie à un processus législatif approfondi. La commission mixte devra désormais en analyser les implications juridiques, politiques et économiques.
À travers ces initiatives, les autorités congolaises entendent renforcer leur position sur la scène internationale tout en créant les conditions d’une stabilité durable. L’adoption définitive de ces accords pourrait ainsi marquer une étape significative dans la consolidation de la paix et le développement économique du pays.
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