Accélérer, concrétiser, sécuriser. Réunie en urgence, la commission mixte Défense–Relations extérieures de l’Assemblée nationale a examiné les modalités d’application de deux accords stratégiques conclus par la RDC avec le Rwanda et les États-Unis. Au cœur des échanges : la lenteur dans la mise en œuvre, le retrait toujours attendu des troupes rwandaises et les attentes liées au partenariat avec Washington. Le député She Okitundu appelle à des résultats rapides pour restaurer la souveraineté nationale et stabiliser l’Est du pays, dans un contexte marqué par une pression sécuritaire persistante.
La mise en œuvre des accords internationaux engageant la République démocratique du Congo s’invite au cœur du débat parlementaire. Mardi, le député national She Okitundu a pris part aux travaux de la commission mixte Défense et Sécurité – Relations extérieures de l’Assemblée nationale, consacrés à l’examen technique de deux textes majeurs : l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, et l’accord de partenariat stratégique conclu avec les États-Unis d’Amérique.
Saisie par le Bureau de la chambre basse, la commission disposait d’un délai de 24 heures pour analyser ces projets de loi, déjà adoptés en première lecture, et formuler des recommandations à l’attention du Gouvernement. Une contrainte de temps qui n’a pas empêché les membres de s’attarder sur les enjeux sécuritaires, diplomatiques et économiques liés à ces engagements.
Au terme des travaux, She Okitundu a insisté sur « la nécessité d’une mise en œuvre rapide et effective » de ces accords, condition indispensable, selon lui, pour « garantir la stabilité du pays et restaurer son intégrité territoriale ». Une déclaration qui traduit l’impatience croissante d’une partie de la représentation nationale face à l’écart entre les engagements diplomatiques et leur traduction concrète sur le terrain.
Le député a notamment rappelé l’existence d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies exigeant « le retrait immédiat et sans condition des troupes rwandaises du territoire congolais ». Une exigence qui, plusieurs mois après son adoption, demeure encore largement inappliquée. Dans ce contexte, l’accord de Washington apparaît, aux yeux de nombreux parlementaires, comme un levier destiné à faciliter l’exécution de cette résolution internationale.
Mais les résultats tardent à se matérialiser. « Les effets attendus ne sont pas encore visibles », reconnaissent, en filigrane, plusieurs membres de la commission. Face à cette inertie, des recommandations ont été formulées afin de renforcer l’effectivité des engagements pris. Celles-ci devront être consolidées par le Bureau de l’Assemblée nationale avant leur examen en plénière.
Par ailleurs, She Okitundu a mis en exergue le rôle des États-Unis d’Amérique dans ce dispositif. En tant que membre permanent du Conseil de sécurité et partenaire clé dans l’accord stratégique, Washington est perçu comme un acteur capable d’exercer une pression décisive en faveur du respect des engagements, notamment sur le plan sécuritaire dans l’Est du pays.
Au-delà de la dimension militaire et diplomatique, l’accord de partenariat ouvre également des perspectives économiques. Le député a souligné les opportunités liées à l’exploitation des minerais critiques, dans un cadre qu’il souhaite « mutuellement avantageux » pour la RDC et ses partenaires. Une approche qui s’inscrit dans la volonté des autorités congolaises de mieux valoriser leurs ressources naturelles tout en attirant des investissements structurants.
La prochaine étape se jouera en séance plénière, où les conclusions de la commission seront examinées.
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