Un nouveau drame fluvial frappe la République démocratique du Congo. Le naufrage d’une pirogue motorisée sur le lac Tanganyika, survenu dans la nuit du 13 avril, a fait au moins 22 morts, selon un bilan provisoire. Face à cette tragédie, le ministère des Transports annonce des mesures strictes et relance le débat sur le respect des normes de sécurité dans le transport lacustre. Entre surcharge, navigation nocturne et ports clandestins, les causes pointent une nouvelle fois les failles structurelles du secteur.
Un énième drame fluvial vient rappeler la fragilité persistante du transport lacustre en République démocratique du Congo. Dans un communiqué officiel publié mardi 14 avril 2026, le ministère des Transports, Voies de communication et Désenclavement a annoncé le naufrage d’une pirogue motorisée sur le lac Tanganyika, survenu dans la nuit du lundi 13 avril.
Selon les premiers éléments de l’enquête, l’embarcation avait quitté, aux environs de 3 heures du matin, un port clandestin situé au village de Kasama, à environ 18 kilomètres de Kalemie. Elle a chaviré près d’une heure plus tard, aux alentours de 4 heures, sous l’effet de vents violents, aggravés par une surcharge manifeste.
Le bilan provisoire fait état de 22 morts, ainsi que de plusieurs rescapés. Un chiffre qui pourrait évoluer à mesure que les opérations de recherche se poursuivent. Le ministère dit avoir appris la nouvelle « avec une profonde tristesse », exprimant ses condoléances aux familles endeuillées et sa solidarité aux survivants.
« Le ministère des Transports adresse ses condoléances les plus émues aux familles endeuillées et exprime sa solidarité envers les rescapés », indique le communiqué, soulignant la gravité de l’événement.
Sur instruction du Vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, une plainte a été déposée auprès des autorités judiciaires compétentes afin d’établir les responsabilités. Parallèlement, le ministère affirme être en communication constante avec les autorités locales pour déterminer les circonstances exactes du drame.
Au-delà de l’émotion, ce naufrage met une nouvelle fois en lumière les défaillances structurelles du secteur du transport fluvial et lacustre en RDC. L’utilisation de ports non officiels, la navigation nocturne et le non-respect des capacités autorisées des embarcations figurent parmi les principales causes identifiées dans ce type d’accident.
Face à cette situation, le ministère a tenu à rappeler, avec insistance, l’importance du respect strict des règles de sécurité. « Le respect des règles de sécurité de navigation est impératif sur toute l’étendue du territoire national », souligne le communiqué.
Dans cette optique, plusieurs mesures ont été réitérées. Parmi celles-ci, le port obligatoire du gilet de sauvetage pour tous les passagers et membres d’équipage, l’interdiction formelle de naviguer de nuit sans autorisation spéciale, le respect du tonnage légal autorisé pour chaque embarcation, ainsi que l’interdiction d’embarquer dans des ports non reconnus par l’autorité fluviale.
Dans son communiqué, le ministère appelle à une vigilance collective et réaffirme son engagement à renforcer les mécanismes de contrôle et de sécurité. L’objectif affiché est d’éviter que de tels drames ne se reproduisent, dans un pays où les voies fluviales et lacustres constituent des axes essentiels de mobilité.
Patient Mubiayi, correspondant à Lubumbashi

