89.98 F
Kinshasa
16 avril, 2026 - 19:05:47
Image default
Flash InfosLa unePolitiqueSociété

[Pour encadrer les grands chantiers] Infrastructures en RDC : au nom du ministère, Firmin Kiala pilote l’élaboration des normes nationales 

Passer des engagements aux actes. Moins d’une semaine après la Conférence nationale des infrastructures et travaux publics, le gouvernement congolais enclenche la mise en place d’un cadre normatif destiné à structurer durablement le secteur. Un atelier technique prévu début mai doit jeter les bases de standards nationaux adaptés aux réalités du pays. Pilotée par Firmin Kiala Ki-N’soki, cette initiative vise à corriger un déficit structurel longtemps décrié : l’absence de normes harmonisées, facteur de dérives techniques, de surcoûts et de fragilité des ouvrages publics.

À peine achevée, la première Conférence nationale des infrastructures et travaux publics produit déjà ses premiers effets concrets. Moins d’une semaine après la signature de la Déclaration de Kinshasa, le ministère des Infrastructures et Travaux publics engage la phase opérationnelle de l’un de ses principaux chantiers : l’élaboration de normes techniques nationales pour encadrer la conception et la réalisation des ouvrages en République démocratique du Congo.

Au cœur de ce dispositif figure la convocation, annoncée pour le début du mois de mai, d’un atelier de lancement de la Commission nationale chargée de définir ces standards. Cette étape, inscrite dans la feuille de route 2026-2030, constitue l’un des quatre livrables prioritaires issus des travaux de la conférence, aux côtés du mécanisme de suivi par indicateurs de performance et de la restructuration des offices publics.

La conduite de ce chantier stratégique a été confiée à Firmin Kiala Ki-N’soki, directeur de cabinet du ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda. Un choix qui s’appuie sur un profil technique reconnu et une expérience internationale significative dans la gestion de projets d’infrastructures.

Ingénieur formé à l’Institut national du bâtiment et des travaux publics (INBTP), à l’École nationale des sciences géographiques de Paris et à l’Université Paris XII, Firmin Kiala Ki-N’soki cumule une expertise en génie civil et en aménagement du territoire. Ancien cadre du Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), où il a exercé plus de quinze ans, il a notamment supervisé des projets en Afrique de l’Ouest, conciliant exigences techniques et contraintes opérationnelles.

Lors de la conférence, le constat dressé par les participants était sans équivoque : l’absence de référentiels techniques nationaux constitue un frein majeur à la qualité et à la durabilité des infrastructures. « Un manque de normes adaptées au contexte climatique et environnemental de la RDC », relevaient les experts, pointant les conséquences en matière de surcoûts, de retards et de vulnérabilité des ouvrages.

Pour y remédier, la future commission devra produire un corpus normatif couvrant plusieurs domaines clés. Il s’agira d’abord de définir des standards obligatoires pour les matériaux de construction, afin de garantir leur qualité et leur traçabilité. Des normes relatives à la résilience climatique seront également élaborées, dans un contexte marqué par la variabilité accrue des conditions météorologiques.

Les travaux porteront en outre sur les techniques de construction et de bétonnage, avec pour objectif d’uniformiser les pratiques sur l’ensemble du territoire. Enfin, une attention particulière sera accordée à l’harmonisation avec les standards internationaux, afin de renforcer la crédibilité du secteur et d’attirer les investisseurs.

« Derrière la conférence, il y a la commission des normes qui va servir de boussole dans la mise en œuvre des projets », avait déclaré Firmin Kiala Ki-N’soki, insistant sur la nécessité d’un cadre structurant. Il défend également une approche intégrée fondée sur ce qu’il qualifie de « triangle d’or » : qualité, coûts et délais. « Si vous voulez la qualité, il faut y mettre les moyens et respecter les délais. Les trois doivent aller de pair », a-t-il martelé.

L’atelier prévu en mai réunira experts nationaux, ingénieurs, universitaires et partenaires techniques internationaux. L’objectif est d’aboutir rapidement à un référentiel technique opérationnel, capable d’encadrer les projets publics et privés.

Dans un pays où l’enclavement reste un frein majeur au développement et où une faible proportion du réseau routier est revêtue, la mise en place de normes apparaît comme un enjeu de souveraineté économique. Elle vise à mettre fin à l’improvisation et à renforcer la capacité de l’État à réguler un secteur stratégique.

« Nous croyons que les choses peuvent changer », affirmait encore Firmin Kiala Ki-N’soki à l’issue de la conférence. Reste désormais à traduire cette ambition dans les faits, à travers un dispositif normatif capable de transformer durablement le paysage des infrastructures en RDC.

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus