Après plusieurs jours d’opérations militaires dans une zone sous forte pression sécuritaire, la coalition FARDC-UPDF a annoncé la libération de 96 civils enlevés par les combattants des ADF dans la chefferie de Babila-Bakwanza, en territoire de Mambasa, en Ituri. Une avancée significative, mais qui ne dissipe pas les inquiétudes persistantes des populations locales.
Les opérations ont été menées en profondeur dans le groupement Bayaku, identifié comme un bastion des rebelles. Elles font suite à l’attaque du 28 mars 2026 contre les localités de Bengasoli et Mabukulu, au cours de laquelle près de 400 civils avaient été enlevés, ravivant les craintes d’une intensification des violences dans cette partie du nord-est congolais.
Selon le défenseur des droits humains Ram’s Malikidogo, qui a confirmé l’information jeudi 16 avril, les forces conjointes congolaises et ougandaises ont procédé par vagues successives. « Quarante-deux otages ont été libérés mercredi, puis cinquante-quatre autres le lendemain », a-t-il précisé.
Sur le terrain, les opérations se poursuivent, avec pour objectif de démanteler les bases des ADF et de retrouver les otages encore retenus. Les acteurs locaux saluent ces résultats, tout en appelant à maintenir la pression militaire. « Il faut aller jusqu’au bout, jusqu’à la neutralisation totale de ces groupes », plaident plusieurs responsables communautaires.
Dans le territoire de Mambasa, la situation reste néanmoins fragile. Les enlèvements massifs, les incursions armées et l’insécurité chronique continuent de peser sur le quotidien des habitants. Si la libération des otages constitue un signal d’espoir, elle rappelle aussi l’ampleur du défi sécuritaire dans cette région.
Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

