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Kinshasa
24 avril, 2026 - 14:23:25
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Cacao-café : Julien Paluku engage une offensive contre la fraude et pour la valorisation du “Made in DRC”

Structurer les exportations, protéger les producteurs et renforcer la compétitivité : le gouvernement congolais accélère la réforme du secteur cacao-café. Réuni à Kinshasa avec les exportateurs de l’ASSECCAF, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a détaillé une stratégie articulée autour de la lutte contre la fraude, de la certification locale et de la transformation sur place. Dans un contexte de concurrence régionale et de pressions réglementaires internationales, cette démarche vise à mieux positionner les produits congolais sur les marchés mondiaux, tout en garantissant des retombées économiques aux producteurs.

Le gouvernement congolais renforce son action pour structurer les exportations de cacao et de café, deux filières stratégiques de l’économie nationale. Une réunion technique tenue lundi 20 avril 2026 à Kinshasa entre le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et la délégation de l’Association des exportateurs du cacao-café de la RDC (ASSECCAF), conduite par son président Benjamin Kakule Munzenda, a permis de passer en revue les principaux défis et leviers d’action du secteur.

Au cœur des échanges : la nécessité de mieux canaliser les exportations, estimées à plus de 91 000 tonnes en 2025, tout en intensifiant la lutte contre la fraude et la contrebande. Ces pratiques, régulièrement dénoncées, contribuent à la perte de valeur ajoutée pour l’économie nationale, une partie importante de la production étant exportée sous des labels étrangers.

Pour Julien Paluku, la réponse passe par une approche globale intégrant à la fois la régulation, la formation et l’investissement. Le ministre a notamment insisté sur la souveraineté en matière de certification des produits. « Le Gouvernement congolais vient de décrocher l’appui américain pour former des experts congolais afin d’éviter de dépendre d’agents extérieurs qui maintiennent le statu quo pour favoriser la fraude », a-t-il indiqué.

Dans cette perspective, une campagne de sensibilisation à grande échelle est annoncée dans plusieurs bassins de production, notamment à Beni (Nord-Kivu), en Ituri, dans l’Équateur et la Tshopo. L’objectif est d’accompagner les producteurs et les exportateurs dans le respect des normes sanitaires et phytosanitaires, condition essentielle pour accéder aux marchés internationaux.

La question des infrastructures figure également parmi les priorités. Le développement des capacités de stockage et l’encadrement des coopératives sont considérés comme des éléments clés pour améliorer la qualité des produits et renforcer leur traçabilité. Parallèlement, les autorités entendent promouvoir la transformation locale du cacao, afin d’accroître la valeur ajoutée et de stimuler l’industrialisation.

Du côté des opérateurs privés, l’initiative gouvernementale a été saluée. Le président de l’ASSECCAF, Benjamin Kakule Munzenda, a évoqué « l’engagement ferme de l’État congolais pour relever les défis liés à la canalisation des exportations », soulignant que « une grande partie du cacao congolais est encore estampillée “made in Uganda”, au détriment de la RDC ».

Sur le terrain, certaines entreprises s’inscrivent déjà dans cette dynamique. C’est le cas d’Esco Kivu, basée à Beni, spécialisée dans l’achat et l’exportation de produits agricoles. Son directeur, Osée Kambale Siviri, a encouragé les producteurs à améliorer la qualité de leur production. « Les producteurs doivent bien fermenter leurs cacaos et ne pas perdre espoir, car le retour aux bons prix sera toujours au rendez-vous », a-t-il déclaré, en présentant au ministre des échantillons de chocolat issus de la transformation locale.

Par ailleurs, l’ASSECCAF a salué certaines mesures prises par les autorités, notamment la suppression d’une taxe jugée illégale de 10 dollars par tonne de cacao, autrefois imposée par l’Office congolais de contrôle (OCC) pour le transit entre l’Ituri et le Nord-Kivu. Une décision qui vise à alléger les coûts et à fluidifier les circuits d’exportation.

Les efforts diplomatiques du gouvernement ont également été mis en avant, en particulier face aux exigences de l’Union européenne en matière de lutte contre la déforestation. Ces normes, perçues comme contraignantes, représentent un défi supplémentaire pour les producteurs congolais, déjà confrontés à la volatilité des cours mondiaux.

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