Une contestation formelle qui secoue l’Assemblée nationale. La députée nationale Mpembi Isomi Bazego Thérère affirme que sa signature a été apposée à son insu sur une motion de défiance déposée le 13 avril 2026. Dans une correspondance officielle, elle dénonce une « fraude » et exige des vérifications. Dans le même temps, une plainte a été adressée au Procureur général près la Cour de cassation pour l’ouverture d’une enquête sur des faits présumés de faux et usage de faux. Cette affaire relance le débat sur l’authenticité des actes parlementaires et la crédibilité des procédures internes.
Une polémique autour de l’authenticité des signatures agite l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo. La députée nationale Mpembi Isomi Bazego Thérère a officiellement contesté l’usage de sa signature sur une motion de défiance déposée le 13 avril 2026 par l’honorable Laddy Yangotikala Senga, visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur.
Dans une correspondance datée du 14 avril 2026 et adressée au président de l’Assemblée nationale, la députée affirme ne pas reconnaître la signature qui lui est attribuée. « Je ne me souviens pas avoir signé une quelconque motion de défiance ni avoir donné mandat quant à ce », écrit-elle, dénonçant par la même occasion « une fraude » et contestant « formellement la signature » apposée sur le document.
Selon elle, cette signature « ne procède ni de [sa] volonté ni de [son] consentement » et ne saurait, dès lors, l’engager. Face à ce qu’elle qualifie de situation grave, l’élue demande « l’annulation immédiate de toute prise en compte de [son] nom parmi les signataires », ainsi que « l’ouverture d’une vérification administrative ou technique sur l’authenticité de la signature litigieuse ».
Cette contestation a rapidement pris une dimension judiciaire. Dans une lettre datée du 20 avril 2026, un citoyen, identifié comme Jean Marie Pambu, a saisi le Procureur général près la Cour de cassation pour dénoncer des faits susceptibles de constituer des infractions pénales, notamment de faux en écriture.
Dans sa plainte, le dénonciateur évoque une diffusion large de la motion incriminée dans la presse et sur les réseaux sociaux, tout en soulignant que certains députés, dont l’honorable Mpembi Isomi Bazego Thérère, ont publiquement rejeté toute implication. Il s’appuie notamment sur la correspondance officielle de la députée et des éléments visuels circulant en ligne pour étayer ses propos.
Le plaignant estime que « de telles allégations, émanant d’élus nationaux, soulèvent de graves préoccupations quant à l’authenticité des signatures apposées sur un acte parlementaire d’une telle portée ». Il ajoute que, si les faits sont avérés, ils pourraient être qualifiés de « faux et usage de faux », des infractions prévues et réprimées par les dispositions du Code pénal congolais.
Dans ce contexte, il demande au parquet d’ordonner l’ouverture d’une enquête judiciaire afin « d’identifier les auteurs de ces faits, d’établir les responsabilités et d’engager, le cas échéant, des poursuites appropriées ».
Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière les enjeux liés à la fiabilité des procédures internes au sein de l’Assemblée nationale. La question de l’authenticité des signatures sur les actes parlementaires apparaît comme un élément central pour garantir la transparence et la crédibilité de l’institution.
La motion de défiance, instrument majeur du contrôle parlementaire, repose en effet sur la validité des signatures des élus qui la soutiennent. Toute contestation en la matière est susceptible d’affecter la légitimité du processus et de fragiliser la confiance dans les mécanismes institutionnels.
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