Les autorités congolaises saluent une décision « importante » de Washington. En sanctionnant Joseph Kabila pour son implication présumée aux côtés des Forces de défense rwandaises (RDF) et du M23/AFC, les États-Unis renforcent, selon Kinshasa, la lutte contre l’impunité dans l’Est de la RDC. Le gouvernement y voit un signal politique et opérationnel, susceptible d’entraver les réseaux de soutien à la guerre. Cette annonce intervient dans un contexte de violences persistantes et de pression internationale accrue pour le respect des engagements de paix, notamment le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais.
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a salué, jeudi 30 avril, les sanctions ciblées imposées par le Département du Trésor des États-Unis à l’ancien président Joseph Kabila, accusé par Washington d’implication dans l’agression menée contre le pays par les Forces de défense rwandaises (RDF) et leurs alliés du M23/AFC.
Dans un communiqué officiel, Kinshasa qualifie cette décision d’« acte important en faveur de la lutte contre l’impunité, du respect de la souveraineté et de la responsabilisation de tous les acteurs impliqués dans la déstabilisation persistante de la République démocratique du Congo ». Ces mesures interviennent après une première série de sanctions américaines adoptées le 2 mars 2026 contre des officiers supérieurs rwandais et des unités des RDF.
Au-delà de sa portée symbolique, le gouvernement congolais insiste sur l’impact concret de ces sanctions. Elles « restreignent les capacités de mobilisation financière, de circulation d’avoirs et de soutien logistique susceptibles d’alimenter et de prolonger la guerre », souligne le texte. En visant les circuits financiers et les réseaux d’appui, Washington entend ainsi affaiblir les capacités opérationnelles des acteurs impliqués dans le conflit.
Kinshasa rappelle par ailleurs que la justice congolaise s’est déjà prononcée sur le cas de Joseph Kabila. L’ancien chef de l’État a été condamné pour « trahison, participation à un mouvement insurrectionnel, crimes de guerre, atteinte à la sûreté de l’État », ainsi que pour son rôle présumé dans le soutien aux forces hostiles engagées dans l’Est du pays.
Le gouvernement dénonce une situation sécuritaire toujours alarmante dans cette région, où les affrontements impliquant les RDF et leurs supplétifs du M23/AFC continuent de provoquer « des pertes en vies humaines, des déplacements forcés de populations, des destructions considérables » et « des violations graves des droits humains ». À ces violences s’ajoute une crise humanitaire persistante, alimentée par l’instabilité chronique.
Dans ce contexte, les autorités congolaises expriment leur « reconnaissance à l’administration Trump » pour une décision qui s’inscrit, selon elles, dans les efforts visant à faire respecter les engagements internationaux pris dans le cadre des Accords de Washington. Elles appellent également à l’adoption de mesures similaires contre « l’ensemble des auteurs, commanditaires, soutiens et complices » de l’insécurité dans la région des Grands Lacs.
« Aucun processus de paix crédible ne peut prospérer sur l’effacement des responsabilités établies, l’impunité et l’oubli des victimes », insiste le communiqué, soulignant que « la paix durable exige la vérité, la justice, la réparation et la garantie de non-répétition ».
Kinshasa rappelle enfin que le retour à la stabilité passe par le respect des engagements internationaux, notamment ceux inscrits dans la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Le gouvernement exige « le retrait immédiat et sans condition des Forces de défense rwandaises du territoire congolais » ainsi que « la cessation de tout soutien au M23/AFC ».
Les autorités congolaises affirment, pour leur part, poursuivre la mise en œuvre « de bonne foi » des processus en cours, en vue de « rétablir totalement la sécurité » et de « restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national ».
Infos27

