Remettre à plat les règles du jeu électoral. Intervenant au nom de Denis Kadima, le deuxième vice-président de la Commission électorale nationale indépendante, Didi Manara, a plaidé pour une refonte en profondeur du cadre électoral congolais. Devant des acteurs religieux, politiques et des experts réunis par la Commission Justice et Paix de l’Église du Christ au Congo, il a évoqué la possibilité d’une révision de certaines dispositions constitutionnelles. Dans un contexte de contestations persistantes des scrutins de 2023 et de retards dans la mise en œuvre de la feuille de route 2025-2029, cet appel relance un débat central sur la crédibilité du processus électoral.
Le débat sur les réformes électorales en République démocratique du Congo connaît un nouveau tournant. Représentant le président de la Commission électorale nationale indépendante, Denis Kadima, le deuxième vice-président de l’institution, Didi Manara, a appelé à une refonte en profondeur du cadre légal régissant les élections, lors d’une journée de réflexion organisée par la Commission Justice et Paix de l’Église du Christ au Congo.
Dans une intervention structurée, Didi Manara a d’abord mis en avant le travail d’auto-évaluation mené par la centrale électorale à l’issue du cycle électoral de 2023. « La CENI a d’ores et déjà procédé, en toute responsabilité, à une évaluation objective et rigoureuse du processus électoral de 2023 », a-t-il déclaré, insistant sur la volonté de l’institution de tirer des enseignements concrets pour améliorer les scrutins futurs.
Selon lui, cette analyse interne a permis d’identifier des insuffisances majeures. « La commission électorale a tiré des enseignements majeurs, fondés sur une analyse sans complaisance de ses forces et de ses faiblesses, qu’il importe de corriger avec diligence », a-t-il ajouté. Ces conclusions convergent vers un constat central : le cadre juridique actuel apparaît inadapté aux exigences d’un processus électoral crédible et apaisé.
Dans ce contexte, Didi Manara a plaidé pour une réforme ambitieuse. « Il apparaît aujourd’hui évident que l’arsenal juridique encadrant le processus électoral appelle une réécriture substantielle », a-t-il affirmé, évoquant même la possibilité d’une révision constitutionnelle. « Ce chantier, devenu incontournable, pourrait nécessiter une revisitation de certaines dispositions de la Constitution afin de doter notre pays d’un cadre électoral plus inclusif, plus crédible et davantage porteur de paix », a-t-il précisé.
L’appel du responsable de la CENI intervient dans un environnement politique marqué par des tensions persistantes. Les résultats des élections générales de décembre 2023 continuent de faire l’objet de contestations dans certains milieux politiques, alimentant un climat de défiance à l’égard du processus électoral.
Par ailleurs, la mise en œuvre de la feuille de route 2025-2029 de la CENI, présentée comme un outil de planification stratégique en vue des scrutins de 2028, rencontre des difficultés. Plusieurs activités prévues n’ont pas été exécutées entre avril 2025 et mars 2026, selon des sources internes, soulevant des interrogations sur la capacité de l’institution à respecter ses échéances.
Face à ces défis, Didi Manara a insisté sur la nécessité d’une démarche inclusive. « Aucune réforme crédible ne saurait aboutir sans prêter une oreille attentive à celles et ceux qui vivent et subissent les réalités du processus électoral », a-t-il déclaré, appelant à placer les acteurs de terrain au cœur des discussions.
Il a également réaffirmé la disponibilité de la CENI à contribuer activement aux travaux en cours. « La CENI réaffirme ici sa pleine disponibilité à participer activement à cette journée de réflexion », a-t-il souligné, mettant en avant la présence d’experts de l’institution pour éclairer les débats.
Au-delà des déclarations, l’enjeu est désormais politique. Les conclusions de ces assises sont appelées à nourrir les réflexions parlementaires sur les réformes à engager. « La CENI souhaite que les conclusions de ces travaux soient objectives et pertinentes, afin de permettre au Parlement d’en être pleinement éclairé », a insisté Didi Manara.
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