Un scrutin à suspense pour la tête du football professionnel congolais. Réunie en assemblée générale élective, la Ligue nationale de football (Linafoot) a porté Timothée Menayame à sa présidence au terme d’un second tour extrêmement serré face à Delphin Kikuni. Avec 65 voix contre 63, l’écart minimal illustre les rapports de force au sein de l’instance. Succédant à Bosco Mwehu, le nouveau dirigeant hérite d’un mandat de quatre ans sous haute attente des clubs et des acteurs du football national.
La Ligue nationale de football (Linafoot) a un nouveau président. À l’issue de son assemblée générale élective tenue lundi 4 mai, Timothée Menayame a été élu à la tête de l’instance au terme d’un scrutin particulièrement disputé, marqué par un écart final de deux voix seulement face à son principal concurrent, Delphin Kikuni.
L’élection s’est déroulée en deux tours, conformément aux statuts de la ligue. Au premier tour, trois candidats étaient en lice : Timothée Menayame, Delphin Kikuni et Jean-Claude Boto. À l’issue du dépouillement, Menayame est arrivé en tête avec 50 voix, suivi de Kikuni avec 48 suffrages, tandis que Boto totalisait 29 voix. Un bulletin blanc a également été enregistré. Aucun candidat n’ayant atteint la majorité requise, un second tour a été organisé entre les deux premiers.
La confrontation finale a tenu toutes ses promesses. Dans un vote serré jusqu’au bout, Timothée Menayame l’a emporté avec 65 voix contre 63 pour Delphin Kikuni. Cet écart minimal témoigne d’un équilibre des forces au sein de l’électorat et d’une compétition marquée par des lignes de fracture internes.
Cette élection intervient à la fin du mandat de Bosco Mwehu, en fonction depuis 2018. Ce dernier, qui ne se représentait pas à la tête de la Linafoot, nourrit désormais des ambitions au niveau supérieur, avec une candidature envisagée à la présidence de la Fédération congolaise de football association (FECOFA).
Pour Timothée Menayame, ce mandat de quatre ans s’ouvre dans un contexte exigeant. Le nouveau président devra superviser l’organisation du championnat national, garantir le respect des normes administratives et sportives, et répondre aux attentes des clubs engagés dans les compétitions professionnelles. La question de la régularité du calendrier, de la transparence dans la gestion et de l’amélioration des infrastructures figure parmi les défis récurrents du football congolais.
Au-delà du résultat, ce scrutin met en lumière une Linafoot traversée par des équilibres fragiles. L’écart très réduit entre les deux finalistes suggère une gouvernance qui devra composer avec des sensibilités divergentes. La capacité du nouveau président à rassembler et à instaurer un climat de confiance au sein des clubs sera déterminante pour la stabilité de l’institution.
Dans un environnement où les enjeux sportifs se doublent de considérations économiques et organisationnelles, la Linafoot reste un pilier du football national. À ce titre, la mandature qui s’ouvre sera scrutée de près, tant par les acteurs du secteur que par les supporters, dans l’attente d’une amélioration tangible du fonctionnement du championnat.
Avec cette élection, une nouvelle page s’ouvre pour la Linafoot. Elle s’écrit sous le signe d’une compétition démocratique serrée, mais aussi d’attentes élevées quant à la capacité du nouveau président à impulser une dynamique de réforme et de performance au sein du football congolais.
Jegou-Miguel Mpiutu

