La Chambre haute a décidé de soumettre à un examen approfondi, mais accéléré, les projets de ratification des accords conclus avec les États-Unis et le Rwanda. Présentés par la ministre d’État Thérèse Kayikwamba Wagner, ces instruments portent sur des enjeux sensibles mêlant sécurité régionale, investissements miniers et coopération internationale, dans un contexte où la RDC cherche à consolider ses partenariats et sa stabilité.
La séance plénière du Sénat, tenue le 8 mai 2026 à Kinshasa sous la présidence de Jean-Michel Sama Lukonde, a été marquée par l’examen de deux projets de loi jugés stratégiques pour la République démocratique du Congo. À l’issue des débats, les sénateurs ont décidé de renvoyer ces textes aux commissions compétentes pour un examen approfondi dans un délai de 72 heures.
Les commissions Défense, Sécurité et Relations extérieures, ainsi que la commission Économique, Financière et de la Bonne Gouvernance (ÉCOFIN), en collaboration avec la commission Environnement, ont été saisies pour analyser ces deux instruments juridiques aux implications multiples. Cette démarche vise à permettre une lecture technique et transversale des enjeux soulevés par ces accords.
Le premier projet de loi porte sur la ratification de l’accord stratégique conclu entre la République démocratique du Congo et les États-Unis d’Amérique. Selon les éléments présentés en plénière, ce texte vise à renforcer la coopération bilatérale dans plusieurs secteurs prioritaires, notamment l’exploitation et la transformation locale des ressources minières, le développement des infrastructures, la défense ainsi que la sécurisation des chaînes d’approvisionnement stratégiques.
Pour le Gouvernement, cet accord constitue un levier majeur d’attractivité économique et de consolidation des relations politiques avec Washington. Il devrait, à terme, favoriser l’arrivée d’investissements américains et soutenir la stratégie nationale de valorisation des minerais critiques.
Le second projet de loi concerne la ratification de l’accord de paix conclu entre la RDC et le Rwanda. Ce texte, particulièrement attendu, prévoit une série d’engagements portant sur le respect mutuel de l’intégrité territoriale, la cessation des hostilités, le désengagement des forces ainsi que la mise en place de mécanismes conjoints de coordination sécuritaire.
Présenté comme une étape déterminante vers une stabilisation durable de la région des Grands Lacs, cet accord revêt une dimension hautement politique et sécuritaire. Il intervient dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes et des préoccupations liées à la souveraineté nationale.
Intervenant devant les sénateurs, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a insisté sur la nécessité d’une adoption rapide de ces deux textes. « Ces accords s’inscrivent dans une dynamique stratégique visant à renforcer la position de la RDC sur la scène internationale et à consolider la paix dans la région », a-t-elle déclaré, soulignant leur portée diplomatique.
Au terme des échanges, la plénière a adopté, sur motion du sénateur Muya, la transmission des deux projets de loi aux commissions attitrées, conformément aux dispositions de l’article 58 alinéa 2 du Règlement intérieur du Sénat. Le président de la Chambre haute a, pour sa part, recommandé l’implication conjointe des commissions ÉCOFIN et Environnement, en raison du caractère transversal des matières examinées.
Quatorze sénateurs ont été désignés pour siéger au sein des différentes commissions chargées d’étudier ces textes dans le délai imparti de 72 heures. Cette phase d’examen devrait permettre d’approfondir les implications économiques, environnementales et sécuritaires des accords avant leur éventuelle adoption en séance plénière.
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