Tolérance zéro affichée. À Kinshasa, la Police nationale congolaise a suspendu trois agents de la circulation routière surpris en état d’ivresse en plein service. Annoncée à l’issue d’une parade nocturne, la sanction s’inscrit dans une série de mesures visant à restaurer la discipline au sein de la PCR, régulièrement pointée du doigt pour des abus. Le commissaire provincial, Israël Kantu, évoque des dérives récurrentes, de l’extorsion à l’abandon de poste.
La Police nationale congolaise (PNC) a suspendu trois agents de la Police de circulation routière (PCR) à Kinshasa, après les avoir surpris en état d’ivresse durant leurs heures de service. La décision a été annoncée à l’issue d’une parade nocturne organisée entre samedi et dimanche par le commissariat provincial, dans un contexte de fermeté accrue face aux manquements disciplinaires.
Selon un communiqué officiel relayé par l’Agence congolaise de presse (ACP), les trois agents sanctionnés ne se trouvaient pas seulement en état d’ébriété, mais adoptaient également des comportements jugés injurieux, alors qu’ils étaient chargés d’assurer la régulation de la circulation dans la capitale. Une attitude qualifiée d’inacceptable par la hiérarchie policière, qui entend rétablir l’ordre au sein des unités de la PCR.
Cette mesure intervient dans un climat marqué par des embouteillages persistants à Kinshasa et par de nombreuses dénonciations d’abus visant certains éléments de la police de circulation. Pour tenter d’y remédier, le commissaire provincial de la police a réuni, au stade des Martyrs, les différentes brigades spécialisées dans une séance de sensibilisation axée sur la discipline et le professionnalisme.
Au cours de cette rencontre, le commissaire divisionnaire Israël Kantu a dressé un constat sévère des pratiques observées sur le terrain. « L’abandon des postes, les actes d’extorsion, la mendicité publique et les abus lors des contrôles routiers sont contraires à l’éthique policière », a-t-il déclaré, appelant les agents à un strict respect des règles.
Le responsable de la police kinoise a également dénoncé certaines méthodes qu’il juge déviantes, notamment l’habitude, pour certains agents, d’arracher les plaques d’immatriculation ou de retenir les documents de bord des conducteurs en dehors de tout cadre légal. Ces pratiques, a-t-il insisté, nuisent à l’image de la police et alimentent la méfiance des usagers.
Le communiqué souligne par ailleurs des dérives dans les opérations de mise en fourrière. Selon la PNC, certains véhicules seraient remorqués sans justification valable. Un cas précis a été évoqué : celui d’un véhicule transportant des élèves, remorqué en pleine circulation, suscitant l’indignation de la hiérarchie.
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