La République démocratique du Congo a placé la question de l’eau au centre des débats diplomatiques africains à l’UNESCO. Devant plusieurs délégations réunies à Paris pour la Semaine africaine de l’institution, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a insisté sur la responsabilité stratégique de la RDC dans la préservation des ressources hydriques du continent. Kinshasa, qui abrite plus de la moitié des réserves africaines en eau de surface grâce au Bassin du Congo, plaide pour une gouvernance concertée, durable et inclusive, considérant l’eau comme un levier de paix, d’intégration régionale et de développement durable.
La République démocratique du Congo a profité de la tribune offerte par la Semaine africaine de l’UNESCO pour réaffirmer son rôle stratégique dans la préservation des ressources hydriques du continent africain. À Paris, lors de la cérémonie inaugurale organisée mardi 19 mai, la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a porté un plaidoyer en faveur d’une gestion concertée et durable de l’eau en Afrique.
Dans une allocution relayée par sa cellule de communication, la cheffe de la diplomatie congolaise a insisté sur la nécessité d’une coopération renforcée entre les États africains autour des enjeux liés aux ressources hydriques, dans un contexte marqué par les défis climatiques, énergétiques et démographiques auxquels le continent est confronté.
Le Bassin du Congo présenté comme un patrimoine stratégique
Au cœur de son intervention, Thérèse Kayikwamba Wagner a rappelé le poids géostratégique de la RDC dans l’équilibre écologique africain. Le pays concentre environ 52 % des réserves en eau de surface du continent grâce au Bassin du Congo, considéré comme le deuxième plus grand bassin fluvial mondial après l’Amazonie.
Pour Kinshasa, cette richesse naturelle dépasse largement les frontières nationales et engage l’avenir environnemental de toute la planète.
« Préserver les eaux du Bassin du Congo, c’est sauvegarder l’avenir écologique, énergétique et humain de l’Afrique et du monde », a déclaré la ministre d’État devant les participants réunis au siège de l’UNESCO.
À travers cette prise de parole, la RDC cherche à renforcer son positionnement diplomatique sur les grandes questions environnementales mondiales, tout en mettant en avant le rôle du Bassin du Congo dans la lutte contre le changement climatique et la préservation des équilibres écologiques.
L’eau comme instrument de paix et d’intégration régionale
La diplomatie congolaise entend également faire de l’eau un outil de coopération régionale. Selon le ministère des Affaires étrangères, Kinshasa défend une approche reposant sur une gouvernance inclusive des ressources hydriques, associant les États africains, les institutions internationales et les communautés locales.
Pour les autorités congolaises, les ressources en eau doivent devenir un levier de développement durable capable de soutenir la sécurité alimentaire, l’accès à l’énergie et la stabilité régionale.
La ministre d’État a ainsi présenté la RDC comme un « pays-solutions », déterminé à contribuer aux initiatives internationales liées à la gestion durable des ressources naturelles africaines.
Cette orientation s’inscrit dans un contexte où plusieurs régions du continent font face à des tensions croissantes autour de l’accès à l’eau, aggravées par les effets du réchauffement climatique et la pression démographique.
Pour Kinshasa, la gestion durable du Bassin du Congo constitue désormais un enjeu géopolitique majeur, au croisement des questions environnementales, économiques et énergétiques.
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