La République démocratique du Congo et la Zambie veulent donner une nouvelle impulsion au commerce transfrontalier de proximité. Réunis mardi 19 mai à Kinshasa, des experts du ministère du Commerce extérieur, des représentants du projet First et plusieurs partenaires techniques ont engagé les travaux devant conduire à la mise en œuvre effective du Régime commercial simplifié (RECOS) entre les deux pays. Soutenu à hauteur de 9,7 millions de dollars canadiens sur cinq ans, le programme entend réduire les barrières non tarifaires, sécuriser les petits commerçants et renforcer l’inclusion des femmes, des jeunes et des personnes vivant avec handicap dans les échanges régionaux liés à la ZLECAf.
La République démocratique du Congo veut accélérer l’application du Régime commercial simplifié (RECOS) conclu avec la Zambie afin de fluidifier les échanges transfrontaliers et renforcer l’intégration économique régionale. Une réunion technique organisée mardi 19 mai à Kinshasa par le ministère du Commerce extérieur a réuni experts gouvernementaux, partenaires techniques et représentants du projet First autour des mécanismes devant conduire à l’opérationnalisation de ce dispositif commercial.
Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par la volonté des autorités congolaises de rendre plus accessibles les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), notamment aux petits commerçants opérant le long des frontières.
Un programme de 9,7 millions de dollars canadiens
Le projet First, mis en œuvre par Cowater International entre 2024 et 2029, constitue l’un des principaux leviers d’accompagnement de cette dynamique. Doté d’un financement de 9,7 millions de dollars canadiens, ce programme vise à promouvoir « un commerce inclusif, résilient et durable » en République démocratique du Congo, en Zambie et au Mozambique.
L’initiative met particulièrement l’accent sur l’inclusion économique des femmes, des jeunes et des personnes vivant avec handicap dans le petit commerce transfrontalier, un secteur qui fait vivre des milliers de ménages dans les zones frontalières.
Le programme prévoit également un renforcement des capacités des exportateurs grâce à un partenariat avec l’Agence nationale pour la promotion des exportations (ANAPEX). Il s’inscrit aussi dans une logique d’harmonisation régionale avec les engagements pris dans le cadre du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) ainsi que de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Kasumbalesa au cœur des réformes
Au cours des échanges, Nadira Bayat, cheffe d’équipe du projet First pour Cowater International, a détaillé les priorités opérationnelles du programme, notamment au poste frontalier de Kasumbalesa, principal corridor commercial entre la RDC et la Zambie.
« Les interventions de First viseront à améliorer l’environnement commercial au poste transfrontalier de Kasumbalesa afin de permettre aux petits commerçants transfrontaliers et aux Petites et moyennes entreprises de tirer profit des opportunités nationales et de la ZLECAf », a-t-elle déclaré.
Elle a également insisté sur la nécessité d’éliminer les barrières non tarifaires et de lutter contre les pratiques discriminatoires qui freinent encore les échanges commerciaux de proximité entre les deux pays.
Le RECOS prévoit plusieurs facilités administratives et douanières pour les petits commerçants transfrontaliers, notamment des procédures simplifiées pour certaines catégories de produits échangés à petite échelle. Les autorités congolaises considèrent ce mécanisme comme un outil de formalisation progressive du commerce informel aux frontières.
Le gouvernement congolais veut accélérer la mise en œuvre
Présidant la rencontre au nom du ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, le directeur de cabinet Benezeth Msafiri Kyakakala a salué l’appui du projet First, qu’il considère comme « un appui stratégique aux initiatives du gouvernement » dans la mise en œuvre effective du RECOS.
Selon lui, ce régime commercial doit permettre d’améliorer les conditions de travail des petits commerçants transfrontaliers tout en stimulant les économies locales des populations vivant le long des frontières.
Les travaux ont débouché sur la mise en place d’une commission technique mixte d’experts chargée de préparer, dans un bref délai, la signature d’un mémorandum d’entente entre les différentes parties concernées. Cette structure devra également élaborer une feuille de route opérationnelle pour accélérer l’entrée en vigueur effective du dispositif entre la RDC et la Zambie.
À travers cette démarche, Kinshasa cherche à consolider sa stratégie d’intégration régionale et à mieux positionner les acteurs congolais dans les échanges commerciaux africains impulsés par la ZLECAf.
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