Face à la 17ᵉ épidémie d’Ebola qui sévit en Ituri et dans deux autres provinces du nord-est de la RDC, le gouvernement affiche un optimisme prudent. En déplacement à Bunia aux côtés du Secrétaire général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du ministre de la Communication et Médias, le ministre de la Santé, Roger Kamba, a estimé que la maladie pourrait être maîtrisée dans un délai de quatre à six mois grâce au renforcement de la riposte, à l’engagement communautaire et au soutien des partenaires internationaux. Les autorités misent sur une stratégie visant à contenir la propagation du virus dans les zones déjà affectées afin d’éviter son extension à d’autres régions du pays.
Bunia, épicentre de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, a accueilli samedi un point de presse conjoint réunissant le ministre de la Santé, Roger Kamba, le Secrétaire général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le ministre de la Communication et Médias. Au cours de cette rencontre, les autorités sanitaires ont réaffirmé leur détermination à mettre fin à la flambée épidémique grâce à une intensification des opérations de riposte sur le terrain.
« Notre objectif est de contrôler cette épidémie et d’y mettre fin dans un délai de quatre à six mois. Le meilleur scénario est de parvenir à la contenir dans les trois provinces concernées », a déclaré Roger Kamba.
Selon le ministre, plusieurs scénarios opérationnels ont été élaborés afin d’adapter la réponse sanitaire à l’évolution de la situation. Le plus favorable consiste à limiter la circulation du virus aux provinces déjà touchées pour empêcher sa propagation à d’autres régions du pays.
« Le plus favorable consiste à contenir la propagation du virus dans les trois provinces actuellement touchées afin d’empêcher son extension vers d’autres parties du pays », a-t-il précisé.
Une riposte renforcée avec l’appui de l’OMS
Les autorités sanitaires congolaises se montrent confiantes quant à l’évolution de la situation, tout en reconnaissant l’ampleur des défis à relever. Roger Kamba a salué le soutien de l’OMS ainsi que celui de la communauté internationale, dont l’appui technique, logistique et financier contribue au renforcement des capacités de riposte.
Le gouvernement entend notamment intensifier la surveillance épidémiologique, le dépistage précoce, la prise en charge des patients et les campagnes de sensibilisation communautaire. Ces actions sont considérées comme essentielles pour interrompre les chaînes de transmission du virus.
Sur le terrain, les équipes spécialisées poursuivent les investigations, l’identification des cas suspects, le suivi des personnes contacts ainsi que le déploiement de mesures préventives dans les zones affectées.
L’engagement communautaire au centre de la stratégie
Pour les experts de santé publique, la réussite de la riposte dépend également de l’adhésion des populations. Le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), le professeur Jean-Jacques Muyembe, a souligné l’importance de l’engagement communautaire dans la lutte contre cette nouvelle épidémie.
L’épidémiologiste estime que l’implication des communautés, déjà déterminante lors des précédentes flambées d’Ebola, demeure un facteur clé pour améliorer la détection précoce des cas, la surveillance sanitaire et la communication des risques.
Le renforcement du réseau des agents de santé communautaires figure ainsi parmi les priorités retenues par les autorités sanitaires et leurs partenaires.
Des mesures de prévention maintenues
L’Organisation mondiale de la Santé recommande le respect strict des mesures de prévention afin de limiter les risques de contamination. Il s’agit notamment du lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon ou, à défaut, de l’utilisation de solutions hydroalcooliques.
Les agents de santé et les proches des malades sont appelés à porter des équipements de protection adaptés, comprenant notamment des gants, des masques, des lunettes et des vêtements de protection. L’OMS recommande également d’éviter tout contact direct avec les corps des personnes décédées, les enterrements devant être pris en charge par des équipes spécialisées.
La RDC demeure l’un des pays les plus confrontés aux épidémies d’Ebola depuis la découverte du virus en 1976 à Yambuku, dans l’actuelle province de la Mongala. Cette première épidémie avait enregistré 318 cas et 280 décès.
Plus récemment, la flambée d’Ebola Zaïre survenue entre 2018 et 2020 dans les régions de Mangina, Beni et Butembo avait causé plus de 2.200 morts. Selon les scientifiques de l’INRB, la souche actuellement en circulation est génétiquement distincte des précédentes épidémies de Bundibugyo recensées en 2007 et 2012 et proviendrait directement d’un réservoir animal.
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