La République démocratique du Congo engage l’un des plus ambitieux projets routiers de son histoire récente. Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a signé mercredi à Kinshasa trois contrats de travaux avec des entreprises chinoises pour le bitumage d’un tronçon stratégique de la Route nationale n°2 (RN2) et la construction d’un pont de 714 mètres sur la rivière Lualaba. Financé par la Banque mondiale dans le cadre du Projet d’appui à la connectivité et au transport (PACT), ce programme doit permettre la mise en place de la première autoroute moderne à 2×2 voies du pays et renforcer la connexion entre le Kasaï-Oriental, la Lomami, le Maniema et le Sud-Kivu.
La modernisation de la Route nationale n°2 (RN2), appelée à devenir le premier axe autoroutier moderne à 2×2 voies de la République démocratique du Congo, est entrée dans sa phase opérationnelle avec la signature, mercredi à Kinshasa, de trois contrats de travaux entre le ministère des Infrastructures et Travaux publics et trois entreprises chinoises spécialisées dans le génie civil.
Les accords ont été conclus avec China First Highway Engineering Company Limited, Sinohydro Bureau 14 et le groupement China Jiangxi International Economic dans le cadre du Projet d’appui à la connectivité et au transport (PACT), financé par la Banque mondiale.
La cérémonie a été présidée par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, qui a présenté cette initiative comme une étape majeure dans la politique de désenclavement et de modernisation des infrastructures portée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Une route aux standards internationaux
Le projet vise le bitumage de 206 kilomètres entre Mbanga et la rivière Lualaba, répartis en deux lots routiers d’environ 100 kilomètres chacun. Ces nouvelles sections viendront compléter les 280 kilomètres déjà en cours d’exécution entre Mbuji-Mayi, Kabinda et Mbanga.
À terme, ce sont près de 480 kilomètres de routes modernes qui seront aménagés sur cet axe stratégique reliant plusieurs provinces du centre et de l’est du pays.
Pour le ministre John Banza Lunda, ce projet illustre une nouvelle approche dans la conception des infrastructures routières nationales.
« Nous saluons l’aboutissement de ce processus. La RN2 est l’exemple parfait de notre nouvelle approche : bâtir des routes modernes qui intègrent dès la conception des dispositifs innovants, tels que des aires de repos et des galeries techniques pour les réseaux. C’est un pas de géant pour l’ingénierie routière en RDC », a-t-il déclaré.
Selon les responsables du projet, les infrastructures intégreront également des réservations destinées au déploiement futur de la fibre optique et au transport de l’énergie électrique, renforçant ainsi leur dimension multisectorielle.
Un pont de 714 mètres sur le Lualaba
Au-delà des travaux routiers, le programme prévoit la construction d’un pont de 714 mètres sur la rivière Lualaba. Cet ouvrage deviendra l’un des plus importants jamais réalisés sur le fleuve Congo.
Le ministre des Infrastructures a souligné le caractère exceptionnel de cette réalisation.
« C’est un ouvrage unique. S’il cède de 30 mètres face au pont Maréchal en longueur, notre pont aura l’avantage inédit d’intégrer 2×2 voies de circulation », a affirmé John Banza Lunda.
Le pont, dont le coût est estimé à 37 millions de dollars américains, devra être exécuté dans un délai de 24 mois, tandis que les travaux routiers, évalués à près de 150 millions de dollars, sont prévus sur une durée de 36 mois.
Un processus présenté comme rigoureux et transparent
Le coordonnateur de la Cellule Infrastructures, Billy Tshibambe, a indiqué que les études techniques ont été réalisées dès le début de l’année 2025 avant le lancement d’un appel d’offres international conforme aux exigences de la Banque mondiale.
« La préparation garantit le résultat. L’appel d’offres était international et ouvert à tous. Nous avons procédé à une évaluation technique stricte avant l’analyse des offres financières », a-t-il expliqué.
Selon lui, les montants retenus demeurent compétitifs au regard des standards techniques exigés pour ce type d’infrastructures.
Démarrage des travaux en octobre
Les entreprises adjudicataires disposent désormais d’une période de quatre mois pour mobiliser leurs équipements, installer leurs bases de vie et préparer les chantiers.
Le lancement effectif des travaux est annoncé pour octobre 2026.
D’ici là, le ministère des Infrastructures prévoit plusieurs réunions techniques afin d’anticiper les contraintes logistiques et d’assurer une coordination optimale avec les provinces concernées.
À travers ce projet, les autorités congolaises ambitionnent de renforcer la connectivité nationale, de faciliter les échanges économiques entre les provinces et d’accompagner le développement des territoires traversés par cet axe stratégique reliant le Kasaï-Oriental, la Lomami, le Maniema et le Sud-Kivu.
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