À moins de deux mois de l’expiration du contrat liant l’État congolais au Groupe BIVAC-SOGET pour l’exploitation du Guichet unique intégral du commerce extérieur (SEGUCE-RDC), le gouvernement accélère la préparation de l’après-Bureau Veritas. Réuni à Kinshasa sous la présidence du ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, le Comité de supervision de la réforme a décidé la mise en place d’une Task Force interministérielle chargée d’assurer une transition maîtrisée et de définir un nouveau modèle de gouvernance. L’objectif affiché est de préserver les intérêts stratégiques de l’État, garantir la continuité des opérations commerciales et consolider les acquis de la dématérialisation du commerce extérieur.
Le gouvernement congolais s’active pour garantir la continuité de l’une de ses principales réformes de modernisation du commerce extérieur. Réuni lundi à Kinshasa, le Comité de supervision de la Société d’exploitation du Guichet unique intégral du commerce extérieur (SEGUCE-RDC) a adopté une série de mesures destinées à préparer la fin du contrat qui lie l’État congolais au Groupe BIVAC-SOGET, prévue le 2 août 2026.
La réunion a été présidée par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, en présence des vice-ministres des Finances, Gracia Yamba Kazadi, et du Budget, Élysé Bokumwana Maposo, ainsi que de plusieurs experts issus des institutions concernées.
L’enjeu est de taille. La SEGUCE-RDC constitue aujourd’hui l’un des principaux outils numériques de facilitation du commerce extérieur en République démocratique du Congo. Cette plateforme centralise et dématérialise les procédures liées à l’importation, à l’exportation et au transit des marchandises sur un portail unique.
Une échéance stratégique pour l’État
La réflexion intervient dans un contexte particulier marqué par la proximité de l’échéance contractuelle et par l’annonce du groupe Bureau Veritas de se retirer progressivement de plusieurs contrats gouvernementaux en Afrique et au Moyen-Orient.
Face à cette situation, les autorités congolaises ont choisi d’anticiper afin d’éviter toute perturbation susceptible d’affecter les opérations commerciales ou la collecte des recettes publiques.
Selon les conclusions de la réunion, une Task Force a été mise en place pour piloter les travaux préparatoires de la transition.
Cette structure réunit des experts de la Présidence de la République ainsi que des ministères sectoriels concernés, notamment ceux des Finances, du Budget, de l’Économie nationale, du Portefeuille, des Transports et du Commerce extérieur.
Sa mission consiste à conduire une réflexion approfondie sur les modalités de transition, à proposer un futur modèle institutionnel de gouvernance et à accompagner le processus devant conduire à la conclusion d’un nouveau partenariat.
Préserver les acquis de la dématérialisation
Pour les autorités congolaises, l’enjeu dépasse le simple renouvellement d’un contrat.
Il s’agit également de préserver les acquis enregistrés dans le cadre de la réforme du commerce extérieur, engagée depuis plusieurs années afin de réduire les lourdeurs administratives, améliorer la transparence des opérations et renforcer la mobilisation des recettes de l’État.
La SEGUCE-RDC a joué un rôle central dans cette dynamique en permettant l’intégration progressive des procédures commerciales sur une plateforme numérique unique.
Les responsables de la réforme considèrent que cette modernisation a contribué à simplifier les démarches administratives et à réduire les délais de traitement des opérations liées au commerce international.
L’une des avancées majeures enregistrées récemment concerne l’interconnexion des systèmes informatiques des administrations publiques intervenant dans la chaîne du commerce extérieur.
En décembre 2025, la République démocratique du Congo avait lancé la transmission électronique de la liasse documentaire du Guichet unique intégral du commerce extérieur (GUCE/S-One) vers le système Sydonia World de la Direction générale des douanes et accises (DGDA).
Cette innovation technologique vise à fluidifier les échanges d’informations entre les services concernés, à réduire les coûts administratifs et à accroître l’efficacité des contrôles douaniers.
Les autorités espèrent également maximiser les recettes publiques grâce à une meilleure traçabilité des opérations commerciales.
Le Comité de supervision de la SEGUCE-RDC demeure l’instance politique et institutionnelle chargée d’orienter et d’évaluer la réforme de la dématérialisation du commerce extérieur.
Ses missions couvrent notamment la définition des orientations stratégiques, le suivi de la mise en œuvre des réformes, la résolution des blocages opérationnels ainsi que l’arbitrage des questions institutionnelles.
Infos27

