Le débat sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo continue de s’enrichir de nouvelles contributions. Jeudi, le regroupement politique Alliance Bloc 50 (A-B50), dirigé par le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku Kahongya, a déposé au Secrétariat permanent de l’Union sacrée de la Nation un document détaillant ses propositions de réformes en vue du passage de la troisième à la quatrième République. Réorganisation territoriale, renforcement de la planification publique, élection des gouverneurs au suffrage universel direct, rationalisation de la décentralisation financière et réformes judiciaires figurent parmi les principales innovations avancées par cette plateforme politique qui dit privilégier une gouvernance orientée vers les résultats et le développement.
L’Alliance Bloc 50 (A-B50), regroupement politique dont Julien Paluku Kahongya est l’autorité morale, a officiellement déposé jeudi 11 juin 2026 au Secrétariat permanent de l’Union sacrée de la Nation ses propositions relatives aux réformes constitutionnelles envisagées dans le cadre du débat sur le passage de la troisième à la quatrième République en République démocratique du Congo.
Présentée comme une contribution aux réflexions nationales sur l’avenir institutionnel du pays, cette initiative intervient dans un contexte marqué par des discussions croissantes autour de l’évolution du système politique et administratif congolais.
Selon les responsables de l’A-B50, ces propositions se veulent une réponse aux défis de gouvernance auxquels la RDC demeure confrontée, à la lumière des différentes ruptures constitutionnelles qu’elle a connues depuis l’indépendance, notamment en 1959, 1965, 1997 et 2006.
Une nouvelle architecture institutionnelle proposée
Au cœur des innovations présentées figure la réorganisation de l’architecture institutionnelle de l’État autour de trois niveaux de pouvoir.
L’A-B50 propose ainsi un niveau national, un niveau provincial et un niveau territorial. Ce dernier deviendrait une entité de coordination du développement dotée de la personnalité juridique.
Pour les auteurs de cette proposition, cette évolution permettrait de rapprocher davantage l’action publique des populations tout en renforçant l’efficacité de la mise en œuvre des politiques de développement à la base.
Le regroupement politique plaide également pour l’intégration de la planification parmi les domaines relevant de la loi.
Selon ses initiateurs, cette réforme permettrait d’assurer une meilleure continuité de l’action publique et d’éviter les ruptures fréquentes observées lors des changements d’équipes dirigeantes.
Des gouverneurs élus au suffrage universel direct
Parmi les réformes majeures avancées figure également l’élection des gouverneurs de province au suffrage universel direct.
Pour l’A-B50, ce mode de désignation offrirait aux exécutifs provinciaux une légitimité populaire plus forte et contribuerait à renforcer leur responsabilité devant les citoyens.
Le regroupement propose en outre une rationalisation de la décentralisation financière à travers l’adoption de mécanismes légaux destinés à soutenir les provinces confrontées à des difficultés économiques ou budgétaires.
Cette approche vise à réduire les disparités entre les entités provinciales et à favoriser un développement plus équilibré du territoire national.
Une réforme de la justice également envisagée
Les propositions déposées abordent également le fonctionnement des institutions judiciaires.
L’Alliance Bloc 50 suggère notamment la création de chambres d’appel au sein de la Cour constitutionnelle afin de renforcer les garanties procédurales et d’améliorer le traitement de certains contentieux.
Cette mesure s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’efficacité de la justice et le renforcement de l’État de droit.
Pour les promoteurs de cette réforme, l’amélioration du système judiciaire constitue un élément essentiel de la modernisation des institutions républicaines.
Julien Paluku appelle à dépasser les polémiques
À l’occasion du dépôt de ces propositions, Julien Paluku Kahongya a invité les acteurs politiques à privilégier un débat de fond sur les réformes plutôt qu’une confrontation politique autour des intentions prêtées aux uns et aux autres.
L’ancien gouverneur du Nord-Kivu a particulièrement évoqué la situation des populations vivant dans les provinces affectées par les conflits armés et les violences récurrentes.
Selon lui, les réflexions engagées sur l’avenir institutionnel du pays ne doivent être ni assimilées à des projets de balkanisation ni instrumentalisées à des fins politiques.
Il a estimé que les discussions constitutionnelles doivent être orientées vers la recherche de solutions durables susceptibles de renforcer la stabilité de l’État, de protéger les populations et de favoriser le développement national.
Réceptionnant le document, le Secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation, le professeur André Mbata, a salué la démarche entreprise par l’Alliance Bloc 50.
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