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18 juin, 2026 - 19:20:36
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Paludisme : la Copema plaide pour davantage de ressources domestiques

Face à une recrudescence préoccupante du paludisme en République démocratique du Congo, les parlementaires ont été appelés à jouer un rôle plus actif dans la mobilisation des ressources destinées à la lutte contre cette maladie. Réunis à Kinshasa dans le cadre de la session semestrielle de la Coalition des parlementaires pour l’élimination du paludisme en Afrique (Copema), les élus ont été invités à renforcer leur plaidoyer budgétaire afin de soutenir la mise en œuvre du futur plan stratégique national 2026-2030. Alors que le pays a enregistré plus de 29 millions de cas et près de 31.000 décès en 2024, les participants ont insisté sur l’urgence d’une réponse multisectorielle impliquant l’ensemble des institutions publiques.

La mobilisation des ressources domestiques en faveur de la lutte contre le paludisme a été placée au centre des travaux de la réunion semestrielle de la Coalition des parlementaires pour l’élimination du paludisme en Afrique (Copema), ouverte mercredi au Palais du peuple à Kinshasa avec l’appui technique de l’ONG Impact Santé Afrique (ISA) et du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP).

Organisée sous le thème « Renforcement du plaidoyer parlementaire pour une mobilisation des ressources domestiques en faveur de la lutte contre le paludisme en République démocratique du Congo », cette rencontre réunit des parlementaires, des experts de santé publique, des représentants du gouvernement, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations de la société civile engagées dans la lutte contre cette maladie.

L’objectif est de renforcer les capacités des élus nationaux afin qu’ils puissent jouer un rôle plus actif dans l’élaboration, le suivi et la défense des budgets consacrés à la lutte contre le paludisme.

« À la fin de cette réunion, le parlementaire doit savoir déjà défendre le budget du paludisme, savoir intervenir pendant les débats budgétaires en faveur de la lutte contre le paludisme en utilisant les chiffres clés du plan stratégique national et être en mesure de suivre les différents engagements budgétaires », a expliqué un responsable d’Impact Santé Afrique, qui assure le secrétariat technique de la Copema.

Une maladie qui continue de gagner du terrain

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le député national Jean-Simon Mputi Kaku, vice-président de la commission socioculturelle de l’Assemblée nationale, a insisté sur la nécessité d’une mobilisation nationale dépassant le seul cadre du secteur de la santé.

« J’appelle le Parlement à interpeller l’ensemble des 54 ministères qui composent le gouvernement, au-delà de ceux traditionnellement actionnés. Le Parlement doit solliciter les Finances, l’Infrastructure, l’Environnement et l’Éducation, car l’élimination du paludisme n’est pas uniquement l’affaire du ministère de la Santé, mais celle de toute la nation », a-t-il déclaré.

Selon lui, la lutte contre le paludisme doit être considérée comme une priorité nationale au regard de ses conséquences sanitaires, sociales et économiques.

Des chiffres alarmants

Les données présentées au cours de la rencontre témoignent de l’ampleur du défi auquel reste confrontée la RDC.

En 2024, le pays a enregistré près de 29,12 millions de cas de paludisme. Entre 2021 et 2024, le nombre de cas a progressé de près de 29 %, traduisant une recrudescence de la maladie malgré les efforts déployés par les autorités sanitaires et leurs partenaires.

Plus inquiétant encore, les décès liés au paludisme ont augmenté de 42,6 % durant la même période, passant de 21.695 à 30.938 morts.

Pour Jean-Simon Mputi Kaku, ces statistiques ne doivent pas être perçues comme de simples données administratives.

« Derrière ces chiffres se trouvent des vies. Des familles endeuillées, des enfants privés d’avenir et des communautés fragilisées », a-t-il souligné.

Le député a rappelé que la RDC représente à elle seule environ 12,5 % du fardeau mondial du paludisme, ce qui confère au pays une responsabilité particulière dans les efforts internationaux de lutte contre cette maladie.

Un défi économique et social

Au-delà de ses conséquences sanitaires, le paludisme continue de peser lourdement sur l’économie nationale. La maladie réduit la productivité des travailleurs, augmente l’absentéisme scolaire, fragilise les revenus des ménages et accentue la pression sur les structures sanitaires.

Les participants ont estimé que l’insuffisance des ressources disponibles demeure l’un des principaux obstacles à l’intensification de la lutte contre le paludisme.

Cette session semestrielle doit permettre d’examiner le Plan stratégique national de lutte contre le paludisme 2026-2030, d’évaluer les besoins financiers et d’identifier les priorités d’intervention susceptibles d’améliorer l’efficacité de la réponse nationale.

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