Faire du journalisme un levier de paix, de cohésion sociale et de stabilisation. Tel est l’objectif de la première édition du « Laboratoire des médias » (Media Lab), ouverte mercredi à Kinshasa dans les installations de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco). Réunissant des professionnels des médias autour du thème « Pour un journalisme inclusif, moteur de paix et de stabilisation », cette initiative entend renforcer la prise en compte des enjeux liés au genre, à la jeunesse et à l’Agenda Femme, paix et sécurité dans la couverture de l’actualité politique, diplomatique et sécuritaire.
La première édition du « Laboratoire des médias » (Media Lab) a été ouverte mercredi à Kinshasa dans les installations de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), avec pour ambition de promouvoir un journalisme inclusif capable de contribuer à la paix et à la stabilisation du pays.
Placée sous le thème « Pour un journalisme inclusif, moteur de paix et de stabilisation », cette rencontre réunit des professionnels des médias, des experts et des acteurs engagés dans la promotion d’une information plus représentative des réalités sociales congolaises.
Dans son discours d’ouverture, Mme Mireille Laurier AffA’A Mindzie, cheffe de la section Genre de la Monusco, a souligné la responsabilité particulière des médias dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, politiques et sociaux persistants.
« La RDC traverse une phase charnière de son histoire, où les défis sécuritaires, politiques et sociaux exigent de nous une lucidité et une rigueur à toute épreuve », a-t-elle déclaré.
L’Agenda Femme, paix et sécurité au cœur du débat
Pour la responsable onusienne, la qualité de l’information dépend également de la capacité des médias à intégrer toutes les composantes de la société dans le traitement de l’actualité.
« Une information qui ignore la moitié de la population ne peut prétendre ni à l’exhaustivité, ni à l’exactitude », a affirmé Mme AffA’A Mindzie.
Elle a plaidé pour une meilleure prise en compte de l’Agenda Femme, paix et sécurité dans la couverture médiatique, estimant que cette démarche relève avant tout des exigences professionnelles du métier.
« Intégrer l’Agenda Femme, paix et sécurité dans le traitement de l’actualité politique et sécuritaire n’est pas une posture militante. C’est une exigence de qualité, d’équilibre et de pertinence journalistique », a-t-elle insisté.
Selon elle, les médias sont appelés à replacer ces questions au centre de leurs pratiques rédactionnelles afin d’offrir une lecture plus complète des enjeux auxquels le pays est confronté.
Mme AffA’A Mindzie a également relevé que l’actualité diplomatique, politique et sécuritaire est souvent abordée sous un angle essentiellement institutionnel ou régalien, laissant peu de place aux dimensions sociales et humaines des crises.
Dans cette configuration, les questions liées aux femmes et aux jeunes demeurent fréquemment reléguées aux rubriques sociales ou limitées à la dénonciation des violences sexuelles.
Pour la cheffe de la section Genre de la Monusco, cette approche réduit la compréhension des réalités vécues par une grande partie de la population et prive le débat public de perspectives essentielles à la consolidation de la paix.
Infos27

