Le débat autour du communiqué « La Nation est en péril » prend une nouvelle dimension au sein de l’Église catholique en République démocratique du Congo. Se présentant comme « fidèle laïc catholique », Jean Thierry Monsenepwo a adressé un mémoire canonique et ecclésiologique aux dicastères compétents du Saint-Siège afin de solliciter un éclaircissement doctrinal sur la portée des prises de position de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) dans les débats constitutionnels et politiques. Sans remettre en cause la mission pastorale des évêques, l’auteur estime que certaines affirmations du communiqué du 20 juin 2026 soulèvent des interrogations quant à la distinction entre l’enseignement moral de l’Église et les choix politiques relevant de la responsabilité des fidèles laïcs. Il demande au Vatican de préciser les limites canoniques de l’intervention des conférences épiscopales, tout en réaffirmant son attachement « à la communion ecclésiale, à la doctrine de l’Église » et à « l’unité des fidèles ».
MÉMOIRE CANONIQUE ET ECCLÉSIOLOGIQUE ADRESSÉ AU SAINT-SIÈGE.
Objet : Demande d’éclaircissement doctrinal et canonique relatif au communiqué de la CENCO du 20 juin 2026 intitulé « La Nation est en péril ».
À Leurs Éminences et Excellences des Dicastères compétents du Saint-Siège,
Très respectueusement,
Je soussigné, Jean Thierry Monsenepwo, fidèle laïc de l’Église catholique et fils de l’Église en République démocratique du Congo, me permets de soumettre à la haute appréciation du Saint-Siège les présentes observations relatives au communiqué publié le 20 juin 2026 par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo sous le titre : « La Nation est en péril ».
Ma démarche ne procède ni d’un esprit de contestation de l’autorité des évêques, ni d’une opposition à leur mission pastorale, mais d’un profond attachement à la communion ecclésiale, à la doctrine de l’Église et à la juste articulation entre la mission spirituelle des pasteurs et la responsabilité temporelle des fidèles laïcs.
I. Sur le droit et le devoir de l’Église d’intervenir dans les questions touchant au bien commun.
L’Église a toujours affirmé son droit et son devoir de rappeler les exigences de la justice, de la paix, de la dignité humaine et de la protection des plus vulnérables.
À cet égard, les fidèles catholiques de la République démocratique du Congo reconnaissent pleinement la légitimité de la parole prophétique des évêques lorsqu’ils dénoncent la guerre, l’injustice, la corruption, les atteintes aux droits fondamentaux ou toute menace contre le bien commun.
Cette mission ne fait l’objet d’aucune contestation.
II. Sur la distinction entre jugement moral et choix politique contingent.
Cependant, la doctrine catholique enseigne également que les choix politiques concrets relèvent principalement de la responsabilité propre des fidèles laïcs.
Le Concile Vatican II rappelle que les réalités temporelles possèdent leur autonomie légitime et que les laïcs ont pour vocation particulière de les ordonner selon l’Évangile.
Or, plusieurs passages du communiqué susvisé semblent franchir la frontière entre l’enseignement des principes moraux et l’adoption d’une position politique déterminée sur des questions qui demeurent légitimement discutables entre catholiques de bonne foi.
III. Sur la question spécifique de la réforme constitutionnelle.
Le communiqué paraît présenter l’opposition à toute réforme ou évolution constitutionnelle comme la seule position compatible avec la sauvegarde de la Nation.
Pourtant, la question d’une éventuelle réforme institutionnelle n’appartient pas en elle-même au dépôt de

