Le 30 juin ne célèbre pas seulement une indépendance. Il mesure aussi la capacité d’une nation à défendre ce qu’elle a conquis. Soixante-six ans après, la République démocratique du Congo demeure confrontée au même impératif : faire respecter sa souveraineté tout en construisant la paix.
C’est dans cette perspective que s’inscrit le discours du président Félix Tshisekedi. Son message ne s’est pas limité à l’exercice traditionnel de commémoration. Il a dessiné une ligne politique. Une ligne qui refuse de dissocier mémoire, sécurité, diplomatie et développement.
Le contexte l’impose. L’Est du pays reste meurtri par les violences. Des milliers de familles vivent encore sous la menace des groupes armés. Les déplacements se poursuivent. Les souffrances persistent. Dans ces conditions, parler de paix sans parler de souveraineté reviendrait à entretenir une illusion.
La RDC a choisi la diplomatie. Les initiatives de Washington, Doha et des cadres régionaux privilégient les solutions politiques. Défendre ses intérêts par le dialogue n’est pas une faiblesse, mais une preuve de maturité et de responsabilité.
La première est simple. Aucune paix durable ne peut être bâtie sur la remise en cause de l’intégrité territoriale d’un pays. Aucune négociation ne peut légitimer la violence armée. Aucune stabilité régionale ne peut naître du pillage des ressources naturelles.
Le second message est tout aussi important. La souveraineté ne s’arrête plus aux frontières. Elle se joue aussi dans l’économie. Longtemps, les minerais congolais ont enrichi le monde sans transformer le Congo. Cette époque ne peut plus constituer un modèle. Revendiquer une transformation locale, des partenariats équilibrés et des emplois pour la jeunesse n’a rien d’un réflexe protectionniste. C’est une exigence de justice économique.
La communauté internationale voit émerger une RDC plus influente sur les enjeux de paix et des ressources stratégiques. Cette dynamique doit désormais s’appuyer sur des institutions fortes, une gouvernance rigoureuse et l’unité nationale.
Le 30 juin rappelle une vérité : l’indépendance se défend chaque jour. Elle exige sécurité, diplomatie, travail, institutions fortes et unité nationale pour faire de la souveraineté une réalité durable, plutôt qu’un slogan.
Pitshou Mulumba

