Face à la 17ᵉ épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo, les présidents Félix Tshisekedi et Cyril Ramaphosa ont affiché, jeudi à Kinshasa, une convergence de vues en faveur d’une réponse africaine coordonnée. Au terme de leur visite de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), le chef de l’État congolais a défendu une coopération sanitaire renforcée, une mobilisation régionale accrue et un partenariat stratégique avec Pretoria pour faire face aux urgences sanitaires du continent.
La lutte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola est devenue l’un des principaux axes du partenariat entre la République démocratique du Congo et l’Afrique du Sud. Jeudi, au terme de leur visite des installations de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), à Kinshasa, les présidents Félix Tshisekedi et Cyril Ramaphosa ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération sanitaire africaine face aux menaces épidémiques qui dépassent désormais les frontières nationales.
Devant les partenaires techniques et financiers engagés dans la riposte, le président congolais a dressé un état des lieux de la situation sanitaire, tout en mettant en avant les efforts consentis par son gouvernement pour contenir la propagation du virus.
Une riposte nationale renforcée
Félix Tshisekedi a indiqué que la RDC avait réagi « avec célérité, responsabilité et détermination » dès la résurgence de la maladie à virus Ebola due à la souche Bundibugyo.
Selon les dernières données présentées, 1 120 cas confirmés, 290 décès, soit un taux de létalité de 25 %, ont été enregistrés. Au total, 408 patients demeurent hospitalisés en isolement.
Le Chef de l’État a rappelé que son gouvernement avait mobilisé 50 millions de dollars américains pour renforcer la riposte.
« Cette mobilisation traduit la volonté de l’État congolais d’assumer pleinement ses responsabilités dans la protection de la santé publique et la préservation de la vie de nos populations », a-t-il déclaré.
Ces ressources financent notamment le déploiement des équipes médicales, le renforcement des laboratoires, la surveillance aux points d’entrée, la prise en charge des malades, le suivi des contacts et la sensibilisation communautaire.
Une réponse régionale face à une menace transfrontalière
Pour Félix Tshisekedi, la crise actuelle confirme que la sécurité sanitaire est désormais indissociable des questions de paix et de stabilité régionale.
« Les risques sanitaires ignorent les frontières et appellent une réponse régionale, coordonnée, solidaire et fondée sur la responsabilité partagée », a-t-il affirmé.
Le président congolais a estimé que l’Afrique du Sud, grâce à son expérience scientifique, à son rôle au sein de la SADC et de l’Union africaine ainsi qu’à ses capacités institutionnelles, pouvait jouer un rôle déterminant dans le renforcement de la surveillance épidémiologique, des laboratoires et de la coordination régionale.
Il a également salué la visite de Cyril Ramaphosa à l’INRB, estimant qu’elle constituait « un signal politique fort de solidarité, de proximité et de responsabilité africaine ».
L’INRB au cœur de la recherche africaine
Les deux chefs d’État ont visité les laboratoires de l’Institut national de recherche biomédicale, principal centre congolais de surveillance épidémiologique, de diagnostic et de recherche.
Selon Félix Tshisekedi, cette visite « aura permis de mettre en lumière l’expertise congolaise, le professionnalisme de nos équipes scientifiques et médicales ainsi que la nécessité de renforcer les capacités africaines de recherche, de diagnostic et de préparation aux urgences de santé publique ».
Le président congolais a, par ailleurs, remercié les partenaires internationaux, notamment les États-Unis, l’Afrique du Sud, la Chine, le Burundi, l’Organisation mondiale de la santé, l’UNICEF et Africa CDC, pour leur soutien à la riposte.
Au-delà de la crise sanitaire, les deux chefs d’État ont réaffirmé leur volonté d’élargir la coopération bilatérale aux domaines économique, énergétique, minier, diplomatique et sécuritaire. Félix Tshisekedi a également invité son homologue sud-africain à participer, ce mois-ci, à la réunion de haut niveau qu’il présidera au Conseil de sécurité des Nations unies sur le lien entre les ressources naturelles, la paix, la sécurité et le développement durable, estimant que ces ressources « doivent devenir un levier de paix, de souveraineté économique, de transformation industrielle, de développement durable et de prospérité partagée ».
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