La République démocratique du Congo entend mettre à profit sa présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies pour renforcer la mobilisation internationale contre les violences sexuelles liées aux conflits qui continuent de ravager l’Est du pays. La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, va présider ce mercredi 8 juillet, à New York, un débat public de haut niveau consacré au thème : « Femmes, Paix et Sécurité – Honorer la promesse du droit international envers les survivants de violences sexuelles liées aux conflits », selon un communiqué de la Primature. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la poursuite de l’occupation de plusieurs territoires de l’Est de la République démocratique du Congo par les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda. Les autorités congolaises dénoncent des violences systématiques contre les populations civiles, notamment des viols utilisés comme arme de guerre pour terroriser les communautés, provoquer des déplacements forcés et asseoir le contrôle des zones riches en ressources naturelles.
À travers ce débat, le Gouvernement congolais entend placer la protection des civils, la lutte contre l’impunité et la mise en œuvre de l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité » au centre des priorités du Conseil de sécurité.
Selon la Primature, la RDC veut « porter la voix des survivants et appeler la communauté internationale à traduire ses engagements en actions concrètes ». Les échanges porteront notamment sur le renforcement de la lutte contre l’impunité, la protection durable des populations civiles ainsi que l’amélioration de l’accès des survivants aux soins, à la justice, aux réparations et à la réinsertion.
Le Gouvernement congolais établit également un lien entre les violences sexuelles, les économies de guerre et l’exploitation illicite des ressources naturelles, considérées comme des facteurs interdépendants d’instabilité, particulièrement dans l’Est de la RDC.
Une crise humanitaire documentée
L’ampleur des violences sexuelles dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu continue d’inquiéter les organisations internationales. Selon le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), plus de 80.000 cas de viol ont été enregistrés dans l’Est de la RDC entre janvier et septembre 2025, soit une hausse de 32 % par rapport à la même période de 2024.
Dans un rapport publié en janvier 2026, Human Rights Watch affirme avoir recueilli plusieurs témoignages mettant en cause des combattants du M23 dans des viols, des enlèvements et d’autres violences sexuelles commis notamment après la prise de Goma. L’organisation rapporte également que la suspension de plusieurs programmes d’aide internationale a privé de nombreuses survivantes de kits de prophylaxie post-exposition (PEP), indispensables pour prévenir le VIH et les grossesses après un viol.
Obtenir des actions concrètes
Pour Kinshasa, cette rencontre constitue une occasion de sensibiliser les membres du Conseil de sécurité sur la gravité des crimes commis dans l’Est du pays et sur la nécessité de renforcer la réponse internationale.
La Primature souligne que cette initiative s’inscrit dans une vision plus large de la présidence congolaise du Conseil de sécurité, qui sera également marquée par une réunion en formule Arria consacrée aux ressources naturelles, aux conflits et à la paix, ainsi qu’un débat de haut niveau sur la gouvernance des ressources naturelles.
À travers cette présidence, première pour la RDC depuis plus de trente ans, le Gouvernement congolais entend faire de la lutte contre les violences sexuelles, de la protection des populations civiles et de la lutte contre l’impunité des priorités de l’action du Conseil de sécurité, tout en appelant la communauté internationale à agir face aux exactions dénoncées dans les territoires occupés de l’Est de la République démocratique du Congo.

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