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8 juillet, 2026 - 18:52:35
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Budget : Adolphe Muzito projette une RDC à 215 milliards USD de PIB en 2035

La République démocratique du Congo peut-elle devenir la troisième économie d’Afrique subsaharienne d’ici à 2035 ? C’est la perspective défendue par le vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, dans sa 36e tribune publiée en exclusivité par l’Agence congolaise de presse (ACP). S’appuyant sur les performances budgétaires enregistrées depuis 2019 et sur les projections du gouvernement conduit par la Première ministre Judith Suminwa, l’auteur estime que le maintien des réformes impulsées par le président Félix Tshisekedi permettrait de porter le Produit intérieur brut (PIB) à 215 milliards de dollars, les ressources propres de l’État à 38,5 milliards de dollars et la RDC au troisième rang des économies d’Afrique subsaharienne. La tribune expose également les investissements envisagés dans les infrastructures, la sécurité et les services publics, tout en mettant en avant la capacité d’endettement du pays et les retombées attendues du partenariat stratégique conclu avec les États-Unis sur les minerais critiques.

La République démocratique du Congo dispose, selon le vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, des leviers nécessaires pour intégrer le cercle des principales économies d’Afrique subsaharienne d’ici à 2035, à condition de préserver la dynamique des réformes engagées depuis 2019.

Cette vision est développée dans la 36e tribune de M. Muzito, publiée le 30 juin 2026 en exclusivité par l’Agence congolaise de presse (ACP). Le document retrace l’évolution des principaux indicateurs macroéconomiques du pays depuis l’arrivée au pouvoir du président Félix Tshisekedi, présente les résultats enregistrés jusqu’en 2026 et expose les objectifs budgétaires et économiques fixés à l’horizon 2035.

Une trajectoire fondée sur l’évolution des finances publiques

La tribune rappelle qu’en 2019, la RDC affichait un Produit intérieur brut de 46,84 milliards de dollars américains, des ressources propres évaluées à 4 milliards de dollars et des réserves de change limitées à 800 millions de dollars, correspondant à environ deux semaines d’importations.

Selon Adolphe Muzito, les réformes engagées ont permis d’améliorer progressivement les capacités de mobilisation des recettes publiques.

« Le gouvernement congolais collecte de plus en plus d’argent par ses propres régies financières », indique-t-il, en citant notamment la Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des douanes et accises (DGDA) ainsi que la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD).

La tribune souligne qu’entre 2019 et 2023, les ressources propres de l’État sont passées de 4 à 8,5 milliards de dollars, tandis que les réserves internationales ont progressé de 800 millions à 5,5 milliards de dollars. Durant la même période, le PIB est passé de 46,84 à 70 milliards de dollars et la RDC est remontée du 15e au 7e rang des économies d’Afrique subsaharienne.

Des projections jusqu’en 2028

Le document présente également les évolutions enregistrées depuis l’installation du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa.

Les ressources propres seraient passées à 9,2 milliards de dollars en 2024, puis à 11,1 milliards en 2025, avant d’atteindre 15,5 milliards de dollars en 2026. Le PIB est projeté à 122 milliards de dollars en 2026, avec des réserves de change estimées à 7,5 milliards de dollars.

Pour 2028, le ministère du Budget table sur 21 milliards de dollars de ressources propres, un PIB de 137 milliards de dollars et une progression de la richesse moyenne par habitant à environ 1.100 dollars par an.

« Ici, on ne parle plus d’un bilan, on parle d’une trajectoire, c’est-à-dire des objectifs à suivre, à mesurer et à ajuster chaque année », précise la tribune.

L’objectif affiché : une économie de 215 milliards USD en 2035

Le principal objectif présenté par Adolphe Muzito concerne l’horizon 2035.

Selon ses projections, le PIB de la RDC atteindrait 215 milliards de dollars, sur la base d’un taux de croissance annuel de 5,5 %, tandis que les ressources propres progresseraient jusqu’à 38,5 milliards de dollars.

« À l’horizon 2035, la vision du pouvoir politique à la tête du pays est beaucoup plus ambitieuse », affirme-t-il.

L’auteur estime qu’à cette échéance, la RDC pourrait devenir « la troisième économie d’Afrique subsaharienne », derrière l’Afrique du Sud et le Nigeria.

Il ajoute que cette progression reposerait notamment sur une augmentation de la pression fiscale, appelée à évoluer de 12,5 % à 17 %.

Des investissements ciblés dans les infrastructures et les services publics

La tribune expose également l’utilisation envisagée des ressources budgétaires mobilisées sur la période.

Selon le vice-Premier ministère du Budget, environ 165 milliards de dollars seraient consacrés aux rémunérations des agents publics, au fonctionnement de l’État ainsi qu’aux secteurs de la défense et de la sécurité.

Les 100 milliards de dollars restants financeraient des investissements structurants, notamment la construction de 50.000 kilomètres de routes nationales, de 4.000 kilomètres de voies ferrées, de 125 infrastructures portuaires et aéroportuaires ainsi que de 50 barrages hydroélectriques.

« L’idée est simple, que l’argent public ne reste pas seulement dans les tableaux du budget, mais qu’il devienne visible sur le terrain », soutient Adolphe Muzito.

Une capacité d’endettement jugée encore importante

La tribune revient également sur la situation de la dette extérieure.

Selon les données avancées, celle-ci est estimée à 10 milliards de dollars en 2026, soit environ 8 % du PIB projeté cette année-là, tandis que son remboursement représenterait 3,3 % des ressources propres de l’État.

« La capacité de la RDC à s’endetter, au regard de son budget en ressources propres et de son PIB, reste largement inexploitée », affirme le vice-Premier ministre, tout en précisant que cette marge devrait être utilisée « avec discipline, transparence et efficacité » afin de financer des investissements productifs.

Les minerais critiques comme levier supplémentaire

Enfin, Adolphe Muzito évoque le partenariat stratégique signé en décembre 2025 entre les présidents Félix Tshisekedi et Donald Trump sur les minerais critiques.

Selon lui, la valorisation des ressources minières, notamment le cobalt, le cuivre, le lithium et le coltan, pourrait générer des recettes supplémentaires au-delà des projections budgétaires déjà présentées.

« Si cet accord se concrétise pleinement, il pourrait constituer une source supplémentaire de recettes pour l’État », conclut-il, tout en rappelant que la RDC détient plus de 70 % des réserves mondiales de cobalt.

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