La Banque centrale du Congo (BCC) ouvre une nouvelle phase de sa politique monétaire sous la conduite de sa nouvelle équipe dirigeante. Réuni vendredi à Kinshasa sous la présidence du gouverneur André Wameso, le Comité de politique monétaire (CPM), auquel ont pris part les deux nouveaux vice-gouverneurs Charlotte Mulengezi et Jean-Marcel Kalubi, a abaissé le taux directeur de 100 points de base à 12,5 %. La décision est motivée par la stabilité du cadre macroéconomique, le ralentissement de l’inflation et la volonté de soutenir durablement le financement de l’économie nationale.
Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale du Congo (BCC), présidé vendredi à Kinshasa par le gouverneur André Wameso Nkualoloki, a décidé d’abaisser de 100 points de base son taux directeur, désormais fixé à 12,5 % contre 13,5 %, afin de préserver des taux d’intérêt réels positifs tout en soutenant le financement de l’économie nationale, selon le communiqué n°03/2026.
Cette session revêtait un caractère particulier, puisqu’elle s’est tenue en présence des deux nouveaux vice-gouverneurs, Charlotte Mulengezi Tshishibanji et Jean-Marcel Kalubi Kayembe, récemment nommés par ordonnance présidentielle et officiellement installés dans leurs fonctions de première et deuxième vice-gouverneurs.
Le Comité a également décidé de ramener le taux de la facilité de prêt marginal de 17,5 % à 16,5 %, d’introduire une nouvelle maturité de 252 jours pour les bons BCC et de maintenir inchangés les coefficients de la réserve obligatoire, fixés à 10,5 % pour les dépôts à vue en monnaie nationale, 11,5 % pour les dépôts à terme et 10,5 % pour les dépôts en devises.
Des indicateurs économiques jugés favorables
La Banque centrale fonde ces décisions sur l’amélioration progressive de la conjoncture économique. Elle relève qu’au deuxième trimestre 2026, l’inflation en glissement annuel s’est établie à 2,9 %, tandis que l’inflation annuelle devrait s’établir à 4,8 % à la fin de l’année, contre 7,3 % enregistrés à fin juin.
Au niveau national, la croissance économique est projetée à 5,7 % en 2026, au-dessus de la moyenne de l’Afrique subsaharienne estimée à 4,3 %. Les réserves internationales atteignaient, à fin juin, 8,184 milliards de dollars américains, soit l’équivalent de 3,12 mois de couverture des importations de biens et services.
Le CPM relève toutefois plusieurs risques susceptibles de peser sur ces perspectives, notamment l’expansion de la liquidité bancaire liée aux dépenses publiques, les dépenses saisonnières des ménages à l’approche de la rentrée scolaire ainsi que la hausse des coûts des produits importés.
André Wameso explique les décisions devant la presse
À l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire, le gouverneur André Wameso Nkualoloki, entouré de la première vice-gouverneure Charlotte Mulengezi Tshishibanji et du deuxième vice-gouverneur Jean-Marcel Kalubi Kayembe, s’est présenté devant la presse pour expliquer personnellement les décisions prises par le Comité, en donnant lecture du communiqué officiel.
Cette rencontre avec les médias constituait le premier exercice public de communication économique de la nouvelle équipe dirigeante de la Banque centrale.
L’autre temps fort de cette journée a été la publication du Rapport de politique monétaire 2025, document de référence qui dresse le bilan de l’évolution des principaux indicateurs macroéconomiques et monétaires de l’année écoulée et présente les orientations retenues par la Banque centrale pour préserver la stabilité des prix, soutenir le franc congolais et consolider la résilience de l’économie nationale.
Infos27

