La Société civile du peuple monte au créneau pour défendre les enseignants des territoires du Kasaï-Central. Elle dénonce les retards de rémunération et appelle à un nouveau mécanisme de paiement capable d’assurer une meilleure prise en charge des agents de l’éducation.
À l’approche de la rentrée scolaire, la Société civile du peuple (SOCIPE) tire la sonnette d’alarme sur la situation salariale des enseignants affectés dans les territoires du Kasaï-Central. Dans une correspondance adressée jeudi 16 juillet 2026 à la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, l’organisation appelle le Gouvernement à agir rapidement pour mettre fin aux retards persistants dans le paiement des rémunérations.
La SOCIPE dénonce des arriérés allant de deux à trois mois enregistrés chez les enseignants des territoires de Kazumba, Dimbelenge, Dibaya, Luiza et Demba. Pour cette structure citoyenne, ces retards créent une inégalité de traitement entre les enseignants exerçant dans les territoires et ceux basés à Kananga, alors qu’ils remplissent les mêmes missions au sein du service public de l’éducation.
Selon la société civile, cette situation pèse lourdement sur les conditions sociales des enseignants et risque d’entamer leur engagement professionnel, avec des conséquences directes sur la qualité de l’enseignement dispensé aux élèves.
Au-delà des retards de paiement, la SOCIPE pointe également du doigt le mécanisme actuel assuré par la CARITAS. Elle déplore le fait que les enseignants soient obligés de parcourir de longues distances jusqu’à Kananga pour toucher leurs salaires. Des déplacements qui, d’après l’organisation, entraînent des absences prolongées dans les écoles, parfois pendant plusieurs jours, voire une semaine entière, perturbant ainsi le suivi pédagogique des apprenants.
Face à cette situation, la SOCIPE propose une révision du système de paiement des salaires. Elle suggère de confier cette responsabilité aux institutions bancaires afin d’assurer des transactions plus rapides, sécurisées, transparentes et adaptées aux réalités des enseignants vivant dans les zones rurales.
Pour l’organisation, cette réforme permettrait de garantir une meilleure équité entre les enseignants, de limiter les interruptions des cours liées aux déplacements et de renforcer la qualité de l’éducation dans les territoires du Kasaï-Central.
Stony Mulumba, correspondant à Kananga

