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13 octobre, 2026 - 05:28:53
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Dialogue national : la cohésion nationale ne peut reposer sur l’impunité

Peut-on bâtir une cohésion nationale durable en faisant abstraction de la responsabilité de ceux qui ont choisi la violence ? Au moment où la République démocratique du Congo s’interroge sur les contours d’un dialogue national inclusif, le débat dépasse la seule question de la participation des acteurs politiques pour toucher aux fondements mêmes de l’État de droit. Si le dialogue demeure un levier indispensable de réconciliation et d’unité, il ne saurait, selon cette réflexion, consacrer l’impunité ni offrir une légitimité politique à ceux qui ont tenté d’imposer leurs ambitions par les armes. Une paix solide exige un équilibre entre ouverture politique, justice et respect des institutions démocratiques. Faire de la violence un raccourci vers la reconnaissance reviendrait à affaiblir la crédibilité des urnes, à fragiliser la confiance des citoyens envers l’État et à installer un précédent susceptible d’alimenter les crises de demain plutôt que de les prévenir.

Tribune d’Éric Kamba

Le dialogue national ne peut pas devenir une prime à la violence

Depuis plusieurs semaines, un argument revient avec insistance dans le débat national : « Un dialogue véritablement inclusif ne doit exclure aucun acteur politique. » À première vue, cette idée paraît généreuse. Elle semble inspirée par la recherche de la paix et de la cohésion nationale.

Pourtant, lorsqu’on l’examine à la lumière des principes de l’État de droit, de la justice et de l’expérience historique de la République démocratique du Congo, cette affirmation révèle de profondes limites.

Car la véritable question n’est pas de savoir qui doit être invité au dialogue.

La véritable question est de savoir quelles valeurs la République entend défendre.

Un dialogue ne peut pas effacer la responsabilité

Depuis près de trois décennies, l’Est de la RDC est le théâtre d’un conflit qui a provoqué des pertes humaines considérables, des déplacements massifs de populations, des violences sexuelles, des destructions d’infrastructures et un profond traumatisme national.

Dans ce contexte, beaucoup de Congolais estiment que certains groupes armés congolais ont servi d’auxiliaires à des intérêts étrangers dans un conflit où le rôle du Rwanda est largement débattu sur les plans diplomatique et international. Selon cette lecture, cette stratégie aurait contribué à présenter une agression extérieure comme une simple crise interne entre Congolais.

Quelle que soit la manière dont chacun analyse les responsabilités, une question demeure :

Peut-on construire une paix durable sans responsabilité ?

Peut-on inviter à une même table ceux qui ont choisi la violence sans exiger auparavant qu’ils répondent de leurs actes devant la justice ?

La différence entre négocier une fin de guerre et récompenser une rébellion

Toutes les guerres finissent généralement autour d’une table de négociation.

Mais toutes les négociations ne sont pas des dialogues politiques internes.

Il existe une différence fondamentale entre : négocier un cessez-le-feu ; organiser des mécanismes de désarmement ; conclure des accords humanitaires ; et offrir une légitimité politique à ceux qui ont tenté d’obtenir par les armes ce qu’ils n’ont jamais obtenu par les urnes.

Confondre ces deux réalités constitue une erreur politique majeure.

Quel précédent créons-nous ?

Une République vit aussi des précédents qu’elle crée.

Si chaque rébellion finit par obtenir : une place à la table du dialogue ; une reconnaissance politique ; parfois des responsabilités publiques ; quel message envoyons-nous aux générations futures ?

Le message devient dangereux : Les élections ne sont plus nécessaires.

Il suffit de créer une rébellion.

Il suffit de prendre les armes.

Il suffit de tuer suffisamment pour devenir incontournable.

Puis vient le dialogue.

Puis vient le partage du pouvoir.

Une telle logique transforme la violence en stratégie politique rationnelle.

Une République ne peut accepter cela.

Une démocratie ne peut remplacer les urnes par les armes

Le principe fondamental d’une démocratie est simple :

Le pouvoir appartient au peuple.

Le peuple choisit ses dirigeants par les élections.

Lorsque des groupes armés obtiennent, par la force, les avantages que d’autres recherchent par les urnes, c’est toute l’architecture démocratique qui s’effondre.

Les citoyens respectueux des lois deviennent les perdants.

Les armes deviennent plus efficaces que les bulletins de vote.

C’est précisément ce