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21 août, 2026 - 23:23:21
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Retour au Rwanda ou relocalisation hors de la RDC : Kinshasa veut priver Kigali de l’argument des FDLR

Le processus engagé par la République démocratique du Congo pour le désarmement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) est appelé à rebattre les cartes sécuritaires dans la région des Grands Lacs. Invité lundi de RFI, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a affirmé que les dirigeants politiques et militaires du mouvement ont adhéré au protocole signé fin juillet, ouvrant la voie à leur désarmement, à leur cantonnement et à leur démobilisation. Les combattants disposeront de deux options : un retour volontaire au Rwanda ou une relocalisation dans un pays africain ayant déjà donné son accord de principe. Pour Kinshasa, cette évolution est appelée à mettre fin au principal argument sécuritaire invoqué par Kigali pour justifier son soutien à l’AFC/M23 et son intervention en République démocratique du Congo, documentée par plusieurs rapports internationaux.

Kinshasa considère avoir ouvert une nouvelle séquence dans la recherche d’une paix durable dans l’est de la République démocratique du Congo. En obtenant l’adhésion des responsables politiques et militaires des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) au protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement signé à la fin du mois de juillet, le gouvernement entend supprimer l’un des principaux arguments sécuritaires avancés depuis plusieurs années par Kigali pour justifier son intervention militaire sur le territoire congolais.

Invité lundi sur RFI, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a présenté cet accord comme un changement majeur dans la gestion de ce dossier.

« Ce protocole est un véritable tournant parce que les FDLR s’engagent très clairement à participer à ce processus de désarmement, de démobilisation et de cantonnement par la sensibilisation. Aujourd’hui, les leaders politiques et militaires des FDLR sont pleinement impliqués dans ce processus », a déclaré le ministre.

Selon Kinshasa, cette évolution est appelée à lever l’un des principaux arguments sécuritaires invoqués par Kigali pour justifier son soutien au groupe armé AFC/M23 et son intervention en République démocratique du Congo, laquelle s’est traduite par l’occupation de portions des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, de graves violations des droits humains ainsi que le pillage systématique des ressources naturelles, notamment des minerais stratégiques tels que le coltan.

Un processus présenté comme inédit

Le gouvernement souligne que cette initiative diffère des précédentes tentatives de démobilisation par l’implication directe des dirigeants politiques et militaires des FDLR.

Interrogé sur la portée de la signature de Victor Byiringiro, représentant politique de la branche FOKA, alors que le général Omega est présenté par les Nations unies comme chef militaire du mouvement, Floribert Anzuluni a assuré que les deux composantes ont validé les principes du protocole.

« Que ce soit la branche politique ou militaire, les deux branches ont clairement donné leur accord pour valider les principes contenus dans cet accord. Celui qui a signé est simplement celui officiellement habilité à représenter l’ensemble du mouvement dans ce genre de processus », a-t-il expliqué.

Le ministre a également rappelé que cet accord intervient dans un contexte diplomatique nouveau, marqué par le rapprochement entre Kinshasa et Kigali dans le cadre des initiatives régionales et internationales de paix.

Deux options pour les combattants

L’une des principales nouveautés du dispositif réside dans les solutions proposées aux combattants après leur démobilisation.

Ceux qui accepteront de regagner leur pays seront rapatriés au Rwanda. Les autres pourront être relocalisés dans un État africain.

« Nous avons trouvé une alternative pour ne pas que cette question continue à être instrumentalisée. Ceux qui seront confortables pour un retour rentreront au Rwanda. Ceux qui ne le seront pas auront alors l’opportunité de pouvoir être relocalisés dans un ou plusieurs pays », a indiqué Floribert Anzuluni.
Le ministre a précisé qu’un pays africain a déjà donné son accord de principe pour accueillir ces ex-combattants, sans dévoiler son identité.

Il a toutefois souligné que plusieurs discussions diplomatiques restent en cours avant toute annonce officielle.

Des préparatifs encore en cours

Sur le plan opérationnel, Kinshasa affirme disposer d’un plan de mise en œuvre, d’un chronogramme et d’un budget.

Le calendrier définitif n’a cependant pas encore été validé.
« Nous avons une proposition de plan d’opérationnalisation, une proposition de chronogramme et une proposition de budget. La validation de tous ces éléments est en cours et nous reviendrons très prochainement avec les détails », a affirmé le ministre.
Autre inconnue : le nombre exact de combattants concernés.
Les estimations varient fortement selon les sources, allant de quelques centaines à plusieurs milliers d’hommes.

Pour Floribert Anzuluni, cette question sera précisément résolue lors du processus de cantonnement.
« Il va falloir maintenant déterminer le nombre exact au-delà des estimations détenues par les différentes parties. À partir de ce moment-là, ils seront démobilisés », a-t-il expliqué.

Doha consolide la dynamique de paix

Ces annonces interviennent quelques jours après la remise de quinze détenus par le gouvernement congolais à l’AFC/M23 dans le cadre du mécanisme d’échange prévu par le processus de Doha.
Le Qatar a salué cette mesure de confiance.

« La libération des personnes détenues constitue une étape importante vers le renforcement de la confiance entre les parties et la création de conditions propices à de nouveaux progrès en vue de parvenir à des solutions pacifiques et durables », a déclaré le ministère qatari des Affaires étrangères.
Les États-Unis ont également encouragé la poursuite du processus.

« Les États-Unis reconnaissent le premier transport et transfert de quinze détenus des autorités de la RDC vers l’AFC/M23 dans le cadre du mécanisme d’échange de prisonniers du cadre de Doha », a écrit sur X Massad Boulos, conseiller principal américain pour l’Afrique, saluant également le rôle du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la médiation du Qatar.

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