Le processus engagé par la République démocratique du Congo pour le désarmement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) est appelé à rebattre les cartes sécuritaires dans la région des Grands Lacs. Invité lundi de RFI, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a affirmé que les dirigeants politiques et militaires du mouvement ont adhéré au protocole signé fin juillet, ouvrant la voie à leur désarmement, à leur cantonnement et à leur démobilisation. Les combattants disposeront de deux options : un retour volontaire au Rwanda ou une relocalisation dans un pays africain ayant déjà donné son accord de principe. Pour Kinshasa, cette évolution est appelée à mettre fin au principal argument sécuritaire invoqué par Kigali pour justifier son soutien à l’AFC/M23 et son intervention en République démocratique du Congo, documentée par plusieurs rapports internationaux.
Kinshasa considère avoir ouvert une nouvelle séquence dans la recherche d’une paix durable dans l’est de la République démocratique du Congo. En obtenant l’adhésion des responsables politiques et militaires des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) au protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement signé à la fin du mois de juillet, le gouvernement entend supprimer l’un des principaux arguments sécuritaires avancés depuis plusieurs années par Kigali pour justifier son intervention militaire sur le territoire congolais.
Invité lundi sur RFI, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a présenté cet accord comme un changement majeur dans la gestion de ce dossier.
« Ce protocole est un véritable tournant parce que les FDLR s’engagent très clairement à participer à ce processus de désarmement, de démobilisation et de cantonnement par la sensibilisation. Aujourd’hui, les leaders politiques et militaires des FDLR sont pleinement impliqués dans ce processus », a déclaré le ministre.
Selon Kinshasa, cette évolution est appelée à lever l’un des principaux arguments sécuritaires invoqués par Kigali pour justifier son soutien au groupe armé AFC/M23 et son intervention en République démocratique du Congo, laquelle s’est traduite par l’occupation de portions des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, de graves violations des droits humains ainsi que le pillage systématique des ressources naturelles, notamment des minerais stratégiques tels que le coltan.
Un processus présenté comme inédit
Le gouvernement souligne que cette initiative diffère des précédentes tentatives de démobilisation par l’implication directe des dirigeants politiques et militaires des FDLR.
Interrogé sur la portée de la signature de Victor Byiringiro, représentant politique de la branche FOKA, alors que le général Omega est présenté par les Nations unies comme chef militaire du mouvement, Floribert Anzuluni a assuré que les deux composantes ont validé les principes du protocole.
« Que ce soit la branche politique ou militaire, les deux branches ont clairement donné leur accord pour valider les principes contenus dans cet accord. Celui qui a signé est simplement celui officiellement habilité à représenter l’ensemble du mouvement dans ce genre de processus », a-t-il expliqué.
Le ministre a également rappelé que cet accord intervient dans un contexte diplomatique nouveau, marqué par le rapprochement entre Kinshasa et Kigali dans l

