Le contrôle technique obligatoire des véhicules, lancé lundi à Kinshasa, fait déjà l’objet d’une contestation politique. Si le député national Godé Mpoy et l’opposant Martin Fayulu reconnaissent la nécessité de cette mesure pour renforcer la sécurité routière, ils rejettent son caractère semestriel, qu’ils jugent excessif et inadapté aux réalités économiques des Congolais. Fayulu dénonce même « une arnaque », tandis que Godé Mpoy appelle au respect du principe d’annualité.
Le contrôle technique obligatoire des véhicules, entré en vigueur lundi à Kinshasa, suscite une levée de boucliers au sein de la classe politique. Sans remettre en cause son utilité pour prévenir les accidents de la route, plusieurs responsables dénoncent une fréquence semestrielle jugée injustifiée ainsi que des coûts considérés comme trop élevés pour les automobilistes.
Parmi les voix les plus critiques figurent le député national Godé Mpoy et l’opposant Martin Fayulu, qui, bien que provenant d’horizons politiques différents, convergent sur un même constat : le contrôle technique ne doit pas devenir une nouvelle charge financière insupportable pour les ménages.
Godé Mpoy réclame le respect du principe d’annualité
Le député national Godé Mpoy estime que le gouvernement est fondé à imposer un contrôle technique des véhicules afin de renforcer la sécurité routière. En revanche, il conteste l’obligation de le renouveler deux fois par an.
Selon lui, cette obligation relève de la parafiscalité et doit respecter le principe d’annualité applicable aux prélèvements publics.
« Évitons l’asphyxie et respectons l’annualité budgétaire », a plaidé le professeur Godé Mpoy.
Pour appuyer son argumentation, il évoque les pratiques observées dans plusieurs pays. Il cite notamment la France, où le contrôle technique est réalisé tous les deux ans pour certaines catégories de véhicules, ainsi que le Sénégal et le Cameroun, où il est généralement annuel, sauf pour certaines catégories spécifiques comme les poids lourds.
À ses yeux, rien ne justifie qu’en République démocratique du Congo, les automobilistes soient soumis à deux contrôles techniques par an.
Martin Fayulu parle d’« une arnaque »
Le président de l’ECiDé et chef de file de la coalition Lamuka va plus loin dans ses critiques. Dans un message publié sur le réseau social X, Martin Fayulu qualifie le dispositif de « plus en plus proche d’une arnaque ».
« Le contrôle technique des véhicules à Kinshasa ressemble de plus en plus à une arnaque. S’il est indispensable pour prévenir les accidents, comment justifier qu’il soit imposé deux fois par an à tous les véhicules, pour un coût de 30 à 80 dollars américains, hors taxes, dans un contexte où le pouvoir d’achat est parmi les plus faibles ? », s’est-il interrogé.
À la veille de la rentrée scolaire, l’opposant estime que cette nouvelle dépense vient alourdir davantage les charges des familles kinoises déjà confrontées à une forte pression sur leur pouvoir d’achat.
Il demande aux autorités de revoir non seulement la fréquence du contrôle technique, mais aussi les tarifs appliqués.
« Les autorités doivent expliquer, chiffres à l’appui, la nécessité de cette fréquence et les raisons qui justifient ces tarifs », a insisté Martin Fayulu.
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