Une offensive judiciaire se dessine contre les réseaux présumés impliqués dans la spoliation foncière et immobilière à Kinshasa. Le ministère de la Justice et Garde des Sceaux a annoncé mardi 25 août 2026 que 62 dossiers concernant des biens de l’État et de particuliers ont été transmis au Parquet pour des poursuites contre les personnes soupçonnées d’être impliquées dans ces pratiques frauduleuses.
Le gouvernement congolais renforce son offensive contre la spoliation foncière et immobilière dans la capitale. À travers le ministère de la Justice et Garde des Sceaux, dirigé par Guillaume Ngefa, 62 dossiers impliquant des biens de l’État et de particuliers ont été transmis à la justice pour des poursuites judiciaires.
Dans un communiqué publié mardi 25 août 2026, le ministère indique que cette nouvelle étape fait suite à une injonction adressée le 19 août dernier par le ministre de la Justice au procureur général près la Cour de cassation, afin d’engager des actions judiciaires contre les personnes présumées impliquées dans ces affaires.
Cette démarche intervient après une première instruction donnée en octobre 2025 à l’auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) pour enquêter sur les auteurs, coauteurs et complices présumés de spoliations visant des biens appartenant à l’État.
Selon le ministère, l’évolution des enquêtes et l’apparition de nouveaux éléments ont conduit à l’ouverture de cette nouvelle phase judiciaire.
Le réseau « Folioman » dans le viseur
Le ministre Guillaume Ngefa présente cette action comme une étape importante dans la lutte contre le phénomène dit « Folioman », décrit comme un réseau impliqué dans la falsification de titres et documents administratifs, la spoliation et la vente frauduleuse de biens fonciers et immobiliers à Kinshasa.
D’après le ministère de la Justice, ce réseau serait dirigé par une personne identifiée comme M. Kipasa Kitakya et impliquerait plusieurs acteurs, notamment des avocats, huissiers, greffiers, agents des Affaires foncières, du Cadastre ainsi que d’autres complices présumés.
Le ministère affirme que certaines victimes auraient découvert tardivement que leurs propriétés avaient été vendues ou spoliées sans leur consentement.
« Tous ces dossiers ont été transmis au Parquet pour que ce dernier les traite avec célérité et, le cas échéant, défère les présumés auteurs devant leur juge naturel afin de subir la rigueur de la loi », précise le communiqué.
Les autorités indiquent également que ces 62 dossiers ne représentent qu’une première série, alors que les investigations se poursuivent et pourraient révéler un réseau plus étendu à travers le pays.
Un cadre permanent pour sécuriser le foncier
Par ailleurs, le ministère de la Justice annonce la mise en place d’un cadre permanent de concertation réunissant les ministères de la Justice, de l’Urbanisme et Habitat, ainsi que des Affaires foncières, avec l’appui de l’Agence nationale de protection du patrimoine immobilier de l’État (AN-PPIE).
Cette structure vise à améliorer la coordination entre les services concernés, sécuriser les documents fonciers et cadastraux et accélérer le traitement des dossiers liés aux spoliations.
Le gouvernement réaffirme ainsi son engagement à protéger le droit de propriété, préserver le patrimoine public et privé et garantir la sécurité juridique des propriétaires conformément à la loi.
Cette nouvelle offensive judiciaire constitue un test pour la justice congolaise, appelée à établir les responsabilités, récupérer les biens éventuellement détournés et restaurer la confiance dans un secteur foncier souvent marqué par les conflits et les contestations.
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