Après l’annonce par le chef de l’Etat, le 27 août 2026, de l’ouverture du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, le député national PEP-AAAP Olivier Kasanda Katuala, élu de Kinshasa/Lukunga, livre à Infos27 son analyse de l’allocution du président Félix-Antoine Tshisekedi. Juriste et membre de la Commission PAJ, l’élu, également auteur de plusieurs tribunes consacrées à la souveraineté et aux questions sécuritaires, décrypte les principales orientations du texte présidentiel. Il s’attarde notamment sur la composition annoncée des assises, l’ouverture à une diversité d’acteurs politiques, institutionnels, sociaux, territoriaux et culturels, mais aussi sur les lignes rouges fixées aux acteurs armés. Pour lui, l’inclusivité affichée ne signifie ni effacement des principes ni confusion des responsabilités. Aucune conquête militaire ne peut, à ses yeux, devenir une source de légitimité politique. « Ce Dialogue tranche plus qu’il n’ouvre », résume Olivier Kasanda Katuala, qui voit dans l’allocution présidentielle un texte de doctrine autant qu’une annonce politique.
Interview
Infos27 : Honorable Kasanda Katuala Olivier, quelle est votre réaction immédiate à cette allocution ?
Olivier Kasanda Katuala : Je salue sa pertinence et sa densité. Ce n’est pas un discours d’ambiance. C’est un texte de doctrine. Le Chef de l’État ne se contente pas d’annoncer une réunion. Il fixe une hiérarchie des problèmes, il ferme des portes que certains voulaient rouvrir, et il encadre celles qu’il entrouvre. Dans le moment que nous vivons, cette clarté a une valeur stratégique.
Infos27 : Quels en sont, selon vous, les points saillants majeurs ?
Olivier Kasanda Katuala : Le premier est le diagnostic. Soixante-six ans après l’indépendance, le retour cyclique des mêmes crises n’est plus présenté comme le seul fruit de la malveillance d’un camp. Le Président nomme trois fragilités congolaises : le réflexe du partage du pouvoir au détriment de la consolidation de l’État ; des processus conçus loin du peuple, puis soumis à son endossement ; l’absence d’obligation de résultat, où la signature a trop souvent été confondue avec l’action. Reconnaître cela n’est pas un exercice de contrition. C’est une condition de crédibilité.
Le deuxième point, et il commande tout le reste, est la qualification de l’agression. Ce n’est « ni une opinion, ni une thèse de Kinshasa », mais un constat adossé aux résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité. Occupation illégale par des forces étrangères, groupes armés, administrations parallèles, pillage des ressources : le droit international a nommé les faits. Les exigences qui suivent (retrait complet, effectif et vérifiable ; cessation de tout soutien aux groupes armés ; démantèlement des administrations parallèles ; rétablissement de l’autorité de l’État ; retour des déplacés) ne sont pas des vœux pieux. Elles constituent le cadre non négociable du Dialogue lui-même.
Le troisième point est méthodologique. Ce Dialogue ne commencera pas à Kinshasa. Il partira des 26 provinces,

