La Constitution n’est jamais un simple texte. Elle organise le pouvoir, protège les libertés et fixe les règles du jeu collectif. Sa révision ne devrait donc être ni un tabou ni un procès d’intention. Elle doit être regardée à partir d’un principe essentiel : dans une démocratie, la volonté du peuple ne peut être confisquée.
Une évidence doit être rappelée : le peuple est souverain. Lorsqu’il est appelé à se prononcer librement sur l’avenir de ses institutions, son choix doit être respecté. Aucune force politique ni aucune élite ne devrait décider à sa place de ce qu’il doit vouloir. Le peuple doit pouvoir choisir, même lorsque son choix bouscule les certitudes établies.
La RDC a le droit de faire évoluer ses institutions. Une Constitution n’est pas immuable. Elle doit pouvoir être adaptée lorsque la nation estime que ses règles doivent évoluer avec son histoire, ses réalités et ses aspirations. Refuser toute réforme par principe reviendrait à placer le texte au-dessus de la volonté de ceux au nom desquels il a été établi.
L’essentiel est donc de savoir qui décide et dans quelles conditions. Si le peuple est au centre du processus, sa voix doit être le point de départ comme le point d’arrivée. Une réforme ne doit pas lui être imposée. Mais elle ne doit pas non plus lui être interdite au nom de calculs politiques ou de peurs anticipées.
Le référendum peut devenir un moment démocratique majeur : un véritable exercice de souveraineté. Le citoyen doit pouvoir choisir librement. Puis, une fois le choix exprimé, celui-ci doit être accepté.
Dans un pays confronté à la guerre, aux fractures politiques et aux défis du développement, la responsabilité commande de laisser la démocratie parler. Les institutions doivent protéger le débat et garantir les libertés.
La RDC doit poursuivre ses efforts pour consolider son État et renforcer ses institutions. Mais elle doit surtout faire confiance à son peuple. Une démocratie mature ne redoute pas la volonté populaire. Elle l’organise, l’éclaire et la respecte.
Une Constitution peut changer. Le principe de souveraineté populaire demeure. Si le peuple décide, son choix doit être entendu. S’il décide de changer les règles de la République, nul ne devrait se substituer à lui.
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