Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, a placé le dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi sous le signe de la cohésion et de la souveraineté, tout en fixant une limite claire : la recherche de la paix ne peut servir à légitimer ceux qui recourent aux armes contre la République. Devant les députés réunis mardi au Palais du peuple pour l’ouverture de la session ordinaire de septembre, il a appelé majorité et opposition à préserver l’essentiel, sans confondre pluralisme démocratique et affrontement contre l’État. Pour lui, le dialogue doit s’appuyer sur la raison, respecter l’intégrité territoriale et permettre de traiter les causes profondes des crises congolaises. Les confessions religieuses et les partenaires internationaux sont appelés à accompagner cette démarche, mais dans le respect de son caractère souverainement congolais.
Le message d’Aimé Boji est sans ambiguïté. Le dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi doit ouvrir une nouvelle séquence politique, mais il ne saurait devenir un mécanisme de récompense pour ceux qui ont choisi la confrontation armée.
À l’ouverture de la session ordinaire de septembre, le président de l’Assemblée nationale a rappelé une distinction qu’il juge fondamentale : la démocratie autorise la contestation, mais la défense de la patrie impose une limite aux divergences politiques.
« La démocratie nous donne le droit de nous opposer, la patrie nous interdit de nous déchirer », a-t-il déclaré, invitant les acteurs politiques à ne jamais transformer leurs désaccords en « guerre contre notre propre nation ».
Cette ligne s’inscrit dans la démarche annoncée par Félix Tshisekedi le 27 août 2026, avec le lancement d’un dialogue national consacré à la paix, à la cohésion et à la refondation de l’État. Aimé Boji a rappelé que la RDC a déjà connu plusieurs expériences de dialogue, de la Table ronde de Bruxelles à la Conférence nationale souveraine, jusqu’au dialogue de la Saint-Sylvestre.
La paix ne récompense pas les armes
Le président de la Chambre basse tire toutefois une leçon de ces précédents. Les dialogues passés n’ont pas empêché le retour des crises. Pour produire des effets durables, le prochain processus devra donc s’attaquer aux causes réelles des conflits et transformer les engagements en actes.
Surtout, Aimé Boji refuse que le dialogue soit assimilé à une concession faite à la violence.
« Le dialogue ne saurait être un moyen de légitimer la violence ou de récompenser ceux qui prennent les armes contre la République », a-t-il martelé.
Il a ensuite posé une question destinée à fixer la philosophie du processus : « Peut-il y avoir un dialogue véritable lorsqu’autour de la table, certains viennent les mains nues […] tandis que d’autres gardent encore le doigt sur la gâchette ? »
La position est donc nette : ceux qui ont choisi la voie pacifique ne peuvent être placés sur le même plan que ceux qui continuent d’utiliser la menace armée comme instrument politique.
La souveraineté comme cadre
Aimé Boji a également pris soin de distinguer ouverture au dialogue et renoncement aux principes républicains. « Le dialogue n’est pas une reddition. La recherche de la paix n’est pas une capitulation », a-t-il affirmé.
Le processus doit, selon lui, respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et les institutions de la République. Les confessions religieuses, particulièrement les Églises catholique et protestante, ont été appelées à contribuer à la construction du consensus national dans un esprit d’apaisement, de vérité et de réconciliation.
Aux partenaires internationaux, le président de l’Assemblée nationale demande également un accompagnement, mais sans dénaturer l’initiative. « Le dialogue national initié par le chef de l’État est avant tout une initiative congolaise qui doit être conduite par les Congolais et dans le respect de notre souveraineté », a-t-il insisté.
L’appel concerne enfin l’ensemble de la classe politique. Aimé Boji reconnaît à l’opposition son droit de questionner, contrôler, critiquer et proposer. Mais il rappelle que majorité et opposition partagent une responsabilité commune : celle de la nation.
Infos27

