Miguel Masaïsaï est mort à Ouesso. Le 18 septembre 2026. La nouvelle est brutale. Elle laisse un vide. Et une question : que restera-t-il de ce jeune Congolais qui avait choisi de pédaler pour la paix ?
Il était parti de Goma le 1er mai. Destination : Rabat, au Maroc. Près de 14.000 kilomètres. Un défi immense. Une route éprouvante. Mais surtout, un message. Celui d’un homme qui avait décidé de répondre aux blessures de son pays par la paix, l’unité et l’espérance.
Miguel ne portait pas une arme. Il portait un vélo.
Pendant des semaines, il a traversé la RDC. De l’Est à l’Ouest. Il a affronté la fatigue. Les longues distances. Les routes difficiles. Les dangers. Il a continué. Encore et encore.
Le 5 août, Kinshasa l’a accueilli après plus de 6.500 kilomètres parcourus. Son arrivée avait donné à « Pedals for Peace » une portée nationale. Son aventure individuelle était devenue une cause collective.
Miguel avait compris une chose essentielle. La paix ne se proclame pas seulement. Elle se construit. Elle se vit. Elle se transmet.
Dans un pays meurtri par des décennies de violences, son choix avait quelque chose de profondément symbolique. À la violence, il opposait la non-violence. À la division, il opposait le mouvement. Au découragement, il répondait par l’effort.
Il avançait. Et puis la route s’est arrêtée.
À Ouesso, un accident a brisé son rêve. Il n’atteindra pas Rabat. Il ne posera pas son vélo au terme de son long périple. Il ne connaîtra pas la dernière étape.
Mais faut-il mesurer son combat à la seule destination ?
Non.
Miguel n’a pas atteint Rabat. Mais il a atteint quelque chose de plus essentiel : la conscience de milliers de Congolais. Il a rappelé que la jeunesse congolaise peut agir. Qu’elle peut porter une cause. Qu’elle peut choisir l’espérance lorsque le désespoir semble plus facile.
C’est désormais à nous de continuer.
L’État. Les sportifs. Les médias. La société civile. Et surtout, la jeunesse. « Pedals for Peace » ne doit pas devenir une simple histoire triste. Il doit devenir un héritage vivant. Un relais. Une promesse.
Miguel est parti avec son vélo. Il nous laisse son courage.
Son vélo s’est arrêté à Ouesso.
Son appel à la paix, lui, doit continuer à rouler.
Pitshou Mulumba

