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Kinshasa
14 octobre, 2026 - 18:25:12
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Edito | L’alibi se fissure

La RDC change de terrain. Elle ne se contente plus de dénoncer les justifications sécuritaires avancées par Kigali. Elle s’attaque à leur fondement. Après Luanda, Kinshasa a porté à Brazzaville les avancées du processus de reddition volontaire des FDLR. Floribert Anzuluni a présenté à Denis Sassou Nguesso les prochaines étapes de la démilitarisation, du désarmement et du cantonnement des combattants.

Cette démarche mérite d’être saluée. Elle place enfin la question des FDLR là où elle doit être : dans le champ des solutions concrètes.

Car depuis des années, Kigali brandit la présence des FDLR comme la justification centrale de sa politique sécuritaire dans l’Est congolais. Cet argument ne peut plus être un alibi sans fin. Si Kinshasa prend ses responsabilités pour neutraliser cette menace, le Rwanda doit assumer les siennes.

C’est ici que se joue la portée politique des avancées actuelles. La RDC ne demande pas un traitement de faveur. Elle applique les engagements pris dans le cadre du processus de paix. Elle sollicite ses partenaires. Elle associe les acteurs régionaux. Elle cherche à transformer une source historique de tensions en problème précisément identifié, encadré et vérifiable.

La balle est désormais dans le camp de Kigali.

La disparition progressive de la menace des FDLR doit avoir des conséquences. Elle doit permettre de mesurer, avec la même rigueur, les engagements de chacun. La sécurité du Rwanda ne saurait devenir un principe à sens unique. La souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC ne peuvent davantage être négociées au gré des circonstances.

Kinshasa doit donc aller jusqu’au bout. Rendre le processus transparent. Documenter chaque reddition. Garantir le cantonnement. Assurer un contrôle régional et international crédible. Il faut donner aux faits suffisamment de force pour fermer définitivement la porte aux ambiguïtés.

Le Congo est en train de retirer à Kigali son principal argument sécuritaire.

Il appartient désormais au Rwanda de démontrer qu’il recherche réellement une paix durable. Car lorsque la menace invoquée est effectivement traitée, son invocation permanente cesse d’être une justification. Elle devient un alibi.

Et cet alibi doit tomber.

Infos27

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