L’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Jean-Claude Masangu Mulongo, estime que l’économie congolaise actuelle présente une solidité nettement supérieure à celle de 1997. Invité mardi 6 octobre au Space live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, il s’est appuyé sur plusieurs indicateurs, notamment l’inflation, les réserves de change, la dette extérieure et le produit intérieur brut, pour étayer son appréciation.
L’économie congolaise a connu une transformation importante depuis la fin des années 1990, selon Jean-Claude Masangu Mulongo. Invité du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, l’ancien gouverneur de la BCC a choisi de comparer la situation actuelle à celle du pays qu’il avait trouvé à son arrivée à la tête de l’Institut d’émission en 1997.
« Le Congo d’aujourd’hui est beaucoup plus solide que le Congo que moi j’ai trouvé lorsque j’ai été nommé gouverneur de la Banque centrale en 1997 », a-t-il déclaré.
Parmi les principaux indicateurs cités figure l’inflation. Jean-Claude Masangu rappelle qu’à son arrivée, la RDC traversait une période d’hyperinflation. Il affirme qu’elle atteignait alors 611 %, contre environ 3,5 % aujourd’hui.
« Aujourd’hui, l’inflation est maîtrisée. On est à 3,5 %. À mon époque, c’était 611 », a-t-il souligné, présentant cette évolution comme l’un des changements majeurs intervenus dans l’économie nationale.
Des indicateurs macroéconomiques en progression
L’ancien gouverneur s’est également référé à l’évolution du système bancaire. À son entrée en fonction, il dit avoir trouvé un secteur confronté à une importante crise de liquidité. La situation actuelle serait, selon lui, différente, avec des établissements bancaires fonctionnant désormais « en ligne ».
La question de la dette extérieure constitue un autre élément de comparaison. Jean-Claude Masangu a rappelé l’effacement de 13 milliards de dollars de dette extérieure dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). La RDC avait atteint le point d’achèvement de cette initiative en 2010.
Il a également évoqué l’évolution des réserves de change, qu’il situe aujourd’hui à plus de 8 milliards de dollars, ainsi que celle du PIB national.
« Nous sommes passés d’une économie de 15 milliards de dollars de PIB. Aujourd’hui, on est à 120 milliards de dollars », a-t-il affirmé.
L’indépendance de la Banque centrale en question
Au-delà des indicateurs économiques, l’ancien gouverneur a livré son appréciation sur l’évolution de l’autonomie de la BCC au fil des régimes politiques.
Selon lui, l’institution ne disposait pas d’une réelle indépendance sous Laurent-Désiré Kabila, notamment en matière de politique de change. Sous Joseph Kabila, il estime que son autonomie était partielle, la qualifiant de « moitié-moitié ».
La situation aurait, à ses yeux, évolué sous l’actuelle administration. Jean-Claude Masangu considère que la BCC est aujourd’hui « complètement indépendante ».
En définitive, l’ancien gouverneur résume son analyse par une comparaison entre les différentes périodes : « Il y a une très grande différence entre ce que moi j’ai connu et ce qui existe aujourd’hui. » Une lecture fondée sur plusieurs indicateurs, qui replace l’évolution de l’économie congolaise sur près de trois décennies.
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