Je t’écris, honorable, du fond de ma colère,
Tu as pris notre voix pour garnir ton salaire.
Tu touches une fortune, un océan de dollars,
Pendant que l’on galère et que trimer est l’art.
Le peuple t’a élu, pas pour ton seul bonheur,
À l’Assemblée tu brilles, mais ici tout se meurt.
Où sont l’eau et l’école promises sur la colline ?
Les routes, les dispensaires, tout est en ruine.
Toi, tu bâtis ta villa, tu comptes tes billets,
Nous, on compte les jours sans lumière, sans projets.
Tu nous avais promis des bancs pour nos enfants,
Un forage pour nos mères marchant depuis longtemps.
Nos récoltes pourrissent, faute de route pour vendre,
Et nos jeunes sans emploi n’ont plus qu’à t’attendre.
Depuis ton élection, tu as fui le quartier,
Rendre compte n’est plus à ton calendrier
Tu ne reviens qu’au vent du remaniement,
Achetant au prix fort nos applaudissements.
Tu distribues le sel, les pagnes et le riz,
Et quelques billets neufs pour endormir nos cris.
Tu ne parles plus de nous, tu parles de ton parti,
De tes marchés gagnés, de ton fauteuil garni.
Quand on crie la faim, tu nous réponds « patience »,
Mais ta poche, elle, ne connaît pas l’abstinence.
Écoute bien ceci, ce n’est plus une prière,
C’est l’avertissement d’une colère entière.
Un mandat n’est pas un titre pour s’enrichir,
C’est une dette envers ceux qui t’ont fait élire.
Alors change de chemin, ou prépare ton départ,
Car le peuple se souvient, il écrit son histoire.
À la prochaine élection, on ne vendra plus notre voix,
Et ton nom s’effacera, sous le poids de nos choix.
Personne ne suivra les sentiers que tu établis
Car on ne réélit pas celui qui nous oublie !
Oscar Bisimwa, Journaliste, Poète et écrivain

