Berlin propose de contribuer à la résolution de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), en complément des initiatives diplomatiques déjà engagées à Washington et à Doha. Reçue samedi à Kinshasa par le président Félix Tshisekedi, la ministre adjointe allemande aux Affaires étrangères, Serap Güler, a plaidé pour une facilitation neutre et réaffirmé le respect de la souveraineté congolaise. Sa visite a également permis d’aborder la coopération économique, sanitaire et culturelle entre les deux pays.
L’Allemagne se dit disposée à jouer un rôle de médiateur dans la recherche d’une solution pacifique à la crise sécuritaire qui affecte l’Est de la République démocratique du Congo. Cette proposition a été présentée samedi à Kinshasa par Serap Güler, ministre adjointe allemande aux Affaires étrangères, lors d’une audience avec le président Félix Tshisekedi à la Cité de l’Union africaine, selon la Présidence congolaise.
« J’ai proposé au Président Félix Tshisekedi que l’Allemagne, qui défend une position neutre, serve de médiateur pour transmettre des messages clairs et contribuer à faire progresser les processus de paix », a déclaré la responsable allemande à l’issue de l’entretien.
D’après la Présidence, Berlin souhaite s’impliquer davantage dans les efforts diplomatiques en faveur de la paix, à travers une facilitation coordonnée avec les initiatives conduites à Washington et à Doha. Cette proposition intervient alors que les démarches internationales se poursuivent pour mettre fin aux violences dans l’Est congolais.
La souveraineté congolaise au cœur du message allemand
Au cours de cet échange, Serap Güler a également souligné que les préoccupations sécuritaires du Rwanda ne sauraient justifier une violation du droit international ni une atteinte à l’intégrité territoriale de la RDC. Cette position rejoint les exigences exprimées par Kinshasa concernant le respect de sa souveraineté nationale.
Le 2 octobre dernier, le Conseil de sécurité des Nations unies avait réitéré son exigence d’application intégrale, immédiate et inconditionnelle de la résolution 2773, notamment concernant le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais et la fin du soutien au M23.
Le 19 octobre, au Parlement européen à Strasbourg, la députée belge Hilde Vautmans avait, pour sa part, critiqué le silence de l’Union européenne face à cette crise. « Nos résolutions ne peuvent pas rester lettre morte. L’Europe ne peut pas se taire », avait-elle déclaré.
Coopération culturelle et appui sanitaire
Au-delà du dossier sécuritaire, la visite allemande a permis d’aborder le renforcement des relations économiques, culturelles et sanitaires entre Kinshasa et Berlin. Les échanges ont notamment porté sur de futurs investissements privés ainsi que sur un appui financier et technique allemand face à l’épidémie d’Ebola en cours en RDC, selon la Présidence.
Avant son audience avec Félix Tshisekedi, Serap Güler s’était entretenue avec la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner. Cette rencontre a été marquée par la signature de l’accord de siège destiné à permettre la réouverture de l’Institut Goethe à Kinshasa, dans le cadre de la coopération culturelle et linguistique entre les deux pays.
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