Le gouvernement congolais a demandé des éclaircissements sur les allégations de stigmatisation des Swahiliphones en République démocratique du Congo (RDC), formulées récemment par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO).
Dans cette optique, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières, Jacquemin Shabani, a convié le secrétaire général de cette organisation religieuse, Mgr Donatien Nshole, à une séance de travail ce samedi 1er mars 2025 à Kinshasa. Cette invitation intervient alors que la RDC est confrontée à l’agression rwandaise, sous couvert des terroristes du M23/AFC, dans sa partie orientale.
Dans une correspondance adressée à Mgr Donatien Nshole, le Vice-Premier ministre a tenu à préciser la nature de cette rencontre : « Cette réunion vise à discuter des allégations de discrimination, de haine et de violence à l’encontre des Congolais et Congolaises en raison de leur origine, de leur langue ou de leur morphologie », a-t-il écrit, soulignant ainsi l’importance pour le gouvernement de réagir face à ces préoccupations.
Dans un communiqué publié le samedi 22 février, les évêques de la CENCO ont fait part de leur inquiétude quant à ce qu’ils qualifient de « chasse et stigmatisation des Swahiliphones à Kinshasa » et dans d’autres régions du pays. Ils dénoncent une recrudescence des violences fondées sur l’appartenance linguistique, une situation qu’ils jugent alarmante. En réaction, Jacquemin Shabani a demandé à Mgr Nshole de fournir des preuves tangibles à l’appui de ces accusations, incluant les lieux, les noms des victimes ainsi que leurs adresses.
Pour le gouvernement, ces informations sont essentielles afin de permettre une intervention efficace et d’assurer la protection de toutes les couches de la population. « Il est de notre devoir de garantir la cohésion sociale et le bien-vivre ensemble de toutes les races et ethnies en RDC », a insisté le vice-Premier ministre.
Cette initiative traduit la volonté des autorités congolaises de réguler le discours public autour des tensions communautaires et de s’assurer que toute dénonciation repose sur des faits vérifiés, en vue d’éviter tout risque d’instrumentalisation politique ou de déstabilisation sociale.
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