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26 juin, 2026 - 06:47:10
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Jacquemain Shabani exige l’exécution ferme de la suspension du parti de Kabila

Le vice-Premier ministre de l’intérieur, Jacquemain Shabani, a demandé aux gouverneurs de veiller à l’exécution immédiate de la mesure suspendant le parti fondé par l’ancien président Joseph Kabila, accusé de collusion avec le Rwanda.

Le climat politique continue de se tendre en République démocratique du Congo (RDC). Dans une circulaire rendue publique mardi 22 avril, le vice-Premier ministre en charge de l’intérieur, Jacquemin Shabani Lukoo, a ordonné à tous les gouverneurs de province de faire observer, sans faille, la suspension des activités du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation fondée par l’ancien président Joseph Kabila.

Cette décision s’inscrit dans le cadre de l’arrêté ministériel n°25 du 19 avril 2025, qui suspend jusqu’à nouvel ordre toutes les activités du PPRD sur l’ensemble du territoire national. M. Shabani a exigé des autorités provinciales une stricte application de la mesure, évoquant « des atteintes graves à la sécurité intérieure de l’État ».

Accusations de haute trahison

L’annonce intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par le retour récent de l’ancien président Kabila par la ville de Goma, dans l’est du pays, en proie depuis des mois à une recrudescence des violences liées à l’offensive du M23, soutenue par le Rwanda selon Kinshasa.

Dans un entretien accordé à TV5 Monde, Jacquemain Shabani a affirmé détenir « des éléments tangibles et irréfutables » prouvant que l’ancien chef de l’État a effectué « plusieurs séjours à Kigali » au cours des derniers mois, en pleine période de conflit. Selon le ministre, ces déplacements constitueraient une « collusion directe » avec un pays qualifié par les autorités congolaises d’« agresseur ».

« Ces éléments constituent une atteinte grave à la sécurité intérieure de l’État et relèvent de la haute trahison », a déclaré le ministre. Il invoque notamment l’article 5 de la loi de 2018 relative au statut des anciens chefs d’État, qui impose à ces derniers une stricte obligation de réserve, de dignité, de patriotisme et de loyauté envers la nation.

Du côté du PPRD, plusieurs cadres rejettent ces accusations, niant toute implication de leur leader dans la situation sécuritaire à l’est du pays. Ils contestent également les affirmations du gouvernement sur sa prétendue présence à Kigali, assurant que l’ancien président n’a quitté le pays à aucun moment. Selon eux, la suspension de leur parti est une « dérive autoritaire » et une tentative de museler l’opposition.
Pour les proches de Joseph Kabila, la liberté de circulation dont bénéficie tout citoyen congolais, y compris l’ancien président, ne saurait être remise en cause.»

Mais pour la majorité présidentielle, ce retour est tout sauf anodin. Plusieurs figures proches du président Félix Tshisekedi y voient la confirmation des accusations répétées du chef de l’État, qui pointe régulièrement son prédécesseur comme l’un des instigateurs de l’instabilité dans les provinces de l’est, secouées depuis plus d’une décennie par des conflits à répétition.

Infos27

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